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Les Européens : ces architectes qui ont bâti l’Europe

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Edited By Olga Medvedkova

Ce volume réunit douze études de cas : des vies d’architectes européens, écrites par des historiens de l’art et de l’architecture allemands, espagnols, français, italiens, russes, suédois. Il s’agit d’architectes qui, nés et éduqués dans une culture, héritiers d’une ou plusieurs traditions nationales, ont travaillé à l’étranger, au sein d’une autre culture, en y apportant des éléments nouveaux. Ou encore de ceux qui vécurent leurs années de voyage comme une véritable expatriation. Ces architectes transfuges, cosmopolites, créateurs de confusions stylistiques qui posent tant de problèmes aux historiens de l’art et rompent les schémas des écoles nationales, furent en grande partie responsables de la création de l’Europe architecturale, architecturée et architecturante bien au-delà de ses propres limites. L’existence de cette « Europe architecturale » est l’hypothèse générale proposée ici. L’européanité de ces architectes italo-français ou italo-russe, franco-suédois ou hispano-mexicain, fut tantôt délibérée, exigée par le commanditaire ou la communauté d’accueil, tantôt une conséquence de leur vie comme ensemble de circonstances. Telle une réaction au besoin d’adaptation, cette dernière, complète ou partielle, a souvent donné lieu à une création inédite. Comment étudier, comprendre, décrire, classer leurs œuvres ? Pourrions-nous, en nous fondant sur ces cas, ébaucher une nouvelle histoire de l’architecture européenne ?

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Ridolfo Aristotele Fioravanti (1415-1486) en Russie (Vladimir Sedov)

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Ridolfo Aristotele Fioravanti (1415-1486) en Russie

Vladimir SEDOV

Aristotele Fioravanti est connu surtout en Russie où, à la fin du XVe siècle, dans les années 1475-1479, il édifia la cathédrale métropolitaine de Moscou, celle de la Dormition de la Vierge au Kremlin (aujourd’hui siège du patriarcat de Moscou) (fig. 1). Ce monument majestueux fut copié à de multiples reprises dans la Russie des XVIe-XVIIIe siècles, mais, nous semble-t-il, sans réelle compréhension, de façon mécanique ou partielle. De nombreux spécialistes ont essayé de comprendre son architecture mais on peut dire que son tissu architectural et sa structure sont restés jusqu’à présent terra incognita dans l’histoire de l’architecture russe. Cela est dû en grande partie à l’unilatéralité de son étude : à cause de l’origine italienne de son auteur, on ne peut pas comprendre sa spécificité en le considérant seulement du côté russe ; or, du côté italien et, plus largement, européen, les études qui lui sont consacrées sont soit lacunaires, soit superficielles. Ceci s’explique avant tout par le fait que ce monument est détaché de la tradition italienne renaissante, qu’il est ancré dans l’univers russe, dans le contexte de la réflexion de l’architecte sur l’architecture russe.

Ainsi faut-il regarder cet essai comme une tentative de comprendre l’architecture de la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou comme étant « à la frontière » entre la...

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