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1866, une querelle d'Allemands?

Perceptions croisées et mémoire(s) d’un moment clé de l’histoire européenne

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Edited By Jean-Noël Grandhomme

De juin à août 1866, une guerre fratricide (Deutscher Krieg ou Deutscher Bruderkrieg) oppose l’Empire d’Autriche, suivi par la plus grande partie de la Confédération germanique, au royaume de Prusse, allié à une quinzaine de petits États allemands et au royaume d’Italie. Étape décisive de l’unification de l’Allemagne, parachevée par la guerre contre la France en 1870, le conflit de 1866 est lourd de conséquences pour la suite de l’histoire européenne. On le présente souvent comme le triomphe d’une Allemagne protestante marquée par le militarisme et l’autoritarisme d’une Prusse agressive et expansionniste sur une germanité méridionale catholique, censée davantage cultiver le goût des arts que celui des armes. Cette vision simpliste a cependant fait l’objet de multiples révisions. En même temps, ce conflit forme une partie intégrante du processus d’unification de l’Italie.

Après avoir retracé les faits, sans doute pour la première fois de manière aussi détaillée en français, cet ouvrage s’intéresse à la perception des événements par les puissances européennes, mais aussi par les acteurs et spectateurs locaux, ainsi qu’à ses multiples conséquences proches ou lointaines, abordant finalement la mémoire de cette guerre.

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4. Florence au milieu des années 1860. La mise en état de défense d’une jeune capitale (Nicolas Guillaume)

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4. Florence au milieu des années 1860

La mise en état de défense d’une jeune capitale

Nicolas Guillaume

L’accession de Florence au titre de capitale du royaume d’Italie ne s’est pas faite sans heurts, tant physiques que moraux. L’état d’esprit de l’époque et ses dilemmes sont significativement exposés par le bilan d’un Congrès démocratique tenu à Florence en 1866 :

La Monarchie, provoquée ou provocatrice, devra tôt ou tard combattre l’Autriche pour la Vénétie. Mais en cas d’une série de défaites, de « nouveau Novare », devra-t-elle périr ? Si elle est victorieuse, devra-t-elle accepter le césarisme ? En cas d’alliance avec la France, le prix à payer sera-t-il une nouvelle cession de provinces ou de nouvelles humiliations ? Qui sauvera la patrie dans ce premier cas ? Qui sauvera la liberté dans le deuxième ? Qui sauvera l’intégrité du territoire et la dignité nationale dans le troisième ? Peut-être la pensée démocratique, si elle est unie ? Resterait intacte la question de Rome, qui ne se résume pas à la possession de la cité, mais bien à la chute du Pape, à l’achèvement du mouvement lancé par Luther, à l’émancipation des consciences, à la glorification de la pensée, à l’installation de la science sur les autels du dieu des catholiques. Qui la résoudra ?1

Le transfert des fonctions politiques depuis Turin vers Florence bouleverse les conceptions militaires et défensives du...

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