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1866, une querelle d'Allemands?

Perceptions croisées et mémoire(s) d’un moment clé de l’histoire européenne

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Edited By Jean-Noël Grandhomme

De juin à août 1866, une guerre fratricide (Deutscher Krieg ou Deutscher Bruderkrieg) oppose l’Empire d’Autriche, suivi par la plus grande partie de la Confédération germanique, au royaume de Prusse, allié à une quinzaine de petits États allemands et au royaume d’Italie. Étape décisive de l’unification de l’Allemagne, parachevée par la guerre contre la France en 1870, le conflit de 1866 est lourd de conséquences pour la suite de l’histoire européenne. On le présente souvent comme le triomphe d’une Allemagne protestante marquée par le militarisme et l’autoritarisme d’une Prusse agressive et expansionniste sur une germanité méridionale catholique, censée davantage cultiver le goût des arts que celui des armes. Cette vision simpliste a cependant fait l’objet de multiples révisions. En même temps, ce conflit forme une partie intégrante du processus d’unification de l’Italie.

Après avoir retracé les faits, sans doute pour la première fois de manière aussi détaillée en français, cet ouvrage s’intéresse à la perception des événements par les puissances européennes, mais aussi par les acteurs et spectateurs locaux, ainsi qu’à ses multiples conséquences proches ou lointaines, abordant finalement la mémoire de cette guerre.

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3. Le Compromis austro-hongrois (Jean-Paul Bled)

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3. Le Compromis austro-hongrois

Jean-Paul Bled

1866 porte le compromis austro-hongrois dans ses flancs1. À vrai dire, cette option est ouverte depuis l’année précédente. Qui pourra cependant jamais assurer qu’en cas de victoire des armes autrichiennes dans la guerre contre la Prusse, les événements n’auraient pas pris un autre tour ? Mais, après le désastre de Sadowa, François-Joseph se convainc très vite que la Monarchie ne pourra échapper à une vaste transformation de son organisation interne. Même alors, il n’est pas acquis que la solution dualiste aura le dessus puisqu’elle est en concurrence avec l’option d’une fédéralisation de l’ensemble habsbourgeois.

De la révolution de 1848 au néo-absolutisme

Le parcours est long qui conduit François-Joseph à privilégier une entente avec la Hongrie. À son avènement, le 2 décembre 1848, il est sur une ligne radicalement différente. L’Autriche est alors engagée dans une guerre avec la Hongrie où la branche extrémiste du parti révolutionnaire a pris le pouvoir sous la conduite de Lajos Kossuth. En avril 1849 la rupture est consommée. Kossuth décrète la destitution des Habsbourg et proclame la République. Il faut l’intervention du tsar Nicolas Ier, paladin de la contre-révolution en Europe, pour que l’insurrection hongroise soit brisée. C’est chose faite en août.←141 | 142→

Après cette victoire, François-Joseph pourrait opter pour une politique d’apaisement....

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