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Écrire et penser le genre en contextes postcoloniaux

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Edited By Anne Castaing and Élodie Gaden

À l’heure où se banalisent les discours féministes et, avec eux, une conception universelle de l’émancipation ; à l’heure où les questions de différence et d’intégration deviennent cruciales pour penser les sociétés contemporaines dans le Nord comme dans le Sud, il est urgent de conserver une réflexion dynamique sur la diversité comme sur l’hétérogénéité du genre et de ses formulations. Cet ouvrage propose donc une réflexion sur les corrélations et les négociations entre genre et nation (coloniale comme postcoloniale), sur la représentation fantasmée de l’« Oriental.e » et sur la cristallisation des identités nationales, religieuses et de genre. Il interroge ainsi les singularités culturelles et historiques du genre et de ses formulations, des subalternités et de leurs modes de résistance. Il s’intéresse enfin à la dimension genrée des migrations coloniales et postcoloniales.

L’approche plurielle que ce volume propose de l’articulation entre identités de genre et débat postcolonial dérive d’une valorisation de la circulation des disciplines et des méthodes (histoire, anthropologie, histoire littéraire, poétique, esthétique cinématographique, philosophie), toutes préoccupées par des questions de représentations. Elles mobilisent de même des terrains divers, au Nord comme au Sud (Afrique du Sud, Antilles, Inde, Viêtnam, Canada, Nouvelle-Calédonie, Maroc), colonisés comme décolonisés, certains demeurant peu sollicités par la critique postcoloniale.

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La danseuse de temple et courtisane au miroir de l’Occident chrétien. Usages et déplacements de l’imaginaire orientaliste dans l’Inde nationaliste et dans les études féministes postcoloniales (Tiziana Leucci)

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La danseuse de temple et courtisane au miroir de l’Occident chrétien

Usages et déplacements de l’imaginaire orientaliste dans l’Inde nationaliste et dans les études féministes postcoloniales

Tiziana LEUCCI

CEIAS/CNRS

Résumé

Décrites par la majorité des voyageurs européens en Inde comme séduisantes, cultivées, économiquement autonomes, les danseuses des temples (devadasi) et de cour (rajadasi) attirèrent aussi l’attention des philosophes et savants orientalistes, intrigués par leur prestige et la singularité de leur statut dans la société indienne. Ces artistes, étant aussi courtisanes, la fascination se doublait de jugements moraux, en particulier de la part des missionnaires chrétiens. Accusées de pratiquer la prostitution, ces femmes sont marginalisées dans la société civile avant d’être totalement bannies de la scène théâtrale et politique de l’Inde indépendante, car de telles accusations seront intériorisées par l’élite locale occidentalisée et par les premières féministes indiennes. Dans cet article j’essaierai de montrer comment les différents agents en cause, y compris ceux qui souhaitaient sincèrement « moderniser » et améliorer la condition féminine en Inde, ont contribué, finalement, au renforcement des valeurs patriarcales.

Mots-clés

Devadasi, rajadasi, artistes-courtisanes, nationalisme, moralisation, féminisme indien ← 59 | 60 →

Les danseuses de temple et de cour indiennes, connues sous les termes sanskrits génériques de devadasi (deva,...

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