Show Less
Restricted access

Écrire et penser le genre en contextes postcoloniaux

Series:

Edited By Anne Castaing and Élodie Gaden

À l’heure où se banalisent les discours féministes et, avec eux, une conception universelle de l’émancipation ; à l’heure où les questions de différence et d’intégration deviennent cruciales pour penser les sociétés contemporaines dans le Nord comme dans le Sud, il est urgent de conserver une réflexion dynamique sur la diversité comme sur l’hétérogénéité du genre et de ses formulations. Cet ouvrage propose donc une réflexion sur les corrélations et les négociations entre genre et nation (coloniale comme postcoloniale), sur la représentation fantasmée de l’« Oriental.e » et sur la cristallisation des identités nationales, religieuses et de genre. Il interroge ainsi les singularités culturelles et historiques du genre et de ses formulations, des subalternités et de leurs modes de résistance. Il s’intéresse enfin à la dimension genrée des migrations coloniales et postcoloniales.

L’approche plurielle que ce volume propose de l’articulation entre identités de genre et débat postcolonial dérive d’une valorisation de la circulation des disciplines et des méthodes (histoire, anthropologie, histoire littéraire, poétique, esthétique cinématographique, philosophie), toutes préoccupées par des questions de représentations. Elles mobilisent de même des terrains divers, au Nord comme au Sud (Afrique du Sud, Antilles, Inde, Viêtnam, Canada, Nouvelle-Calédonie, Maroc), colonisés comme décolonisés, certains demeurant peu sollicités par la critique postcoloniale.

Show Summary Details
Restricted access

Genre, (post)colonialisme et littérature autochtone canadienne. Une (re)lecture de Kiss of the Fur Queen (1998) de Tomson Highway (Christine Lorre-Johnston)

Extract

| 153 →

Genre, (post)colonialisme et littérature autochtone canadienne1

Une (re)lecture de Kiss of the Fur Queen (1998) de Tomson Highway2

Christine LORRE-JOHNSTON

Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3/THALIM

Résumé

Dans Kiss of the Fur Queen (1998), le Canadien autochtone Tomson Highway suit le destin de deux frères, Jeremiah et Gabriel Okimasis. Nés dans les années 1950 dans le nord du Manitoba, ils partent à l’âge de six ans dans un des pensionnats destinés à éduquer et assimiler les enfants autochtones. Les abus sexuels qu’ils y subissent perturbent profondément leur développement, mais entre survivance et résistance, les deux frères construisent leur identité d’adulte et d’homme. Leur salut et leur force se trouvent dans une vision du monde qui intègre les personnages mythiques du folklore autochtone, en particulier le trickster, le filou. En déployant cet imaginaire, Highway affirme que la culture autochtone constitue la base du terrain postcolonial sur lequel les dégâts causés par la colonisation peuvent être dépassés. Mais la réalité des autochtones dépeinte dans le roman, elle, relève encore d’un modèle de type colonial. ← 153 | 154 →

Mots-clés

Canada, autochtones, colonialisme, masculinité, homosexualité

Les notions de genre et de postcolonialisme sont particulièrement problématiques dans le cas des autochtones canadiens. En effet, d’une part, comme l’affirme Penny Van Toorn, « les relations...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.