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Écrire et penser le genre en contextes postcoloniaux

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Edited By Anne Castaing and Élodie Gaden

À l’heure où se banalisent les discours féministes et, avec eux, une conception universelle de l’émancipation ; à l’heure où les questions de différence et d’intégration deviennent cruciales pour penser les sociétés contemporaines dans le Nord comme dans le Sud, il est urgent de conserver une réflexion dynamique sur la diversité comme sur l’hétérogénéité du genre et de ses formulations. Cet ouvrage propose donc une réflexion sur les corrélations et les négociations entre genre et nation (coloniale comme postcoloniale), sur la représentation fantasmée de l’« Oriental.e » et sur la cristallisation des identités nationales, religieuses et de genre. Il interroge ainsi les singularités culturelles et historiques du genre et de ses formulations, des subalternités et de leurs modes de résistance. Il s’intéresse enfin à la dimension genrée des migrations coloniales et postcoloniales.

L’approche plurielle que ce volume propose de l’articulation entre identités de genre et débat postcolonial dérive d’une valorisation de la circulation des disciplines et des méthodes (histoire, anthropologie, histoire littéraire, poétique, esthétique cinématographique, philosophie), toutes préoccupées par des questions de représentations. Elles mobilisent de même des terrains divers, au Nord comme au Sud (Afrique du Sud, Antilles, Inde, Viêtnam, Canada, Nouvelle-Calédonie, Maroc), colonisés comme décolonisés, certains demeurant peu sollicités par la critique postcoloniale.

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Le genre en contexte postcolonial. Traduction et réception françaises (Avec Maxime Cervulle / Cornelia Möser / Karima Ramdani)

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Le genre en contexte postcolonial

Traduction et réception françaises

Avec Maxime CERVULLE (Paris 8/CEMTI), Cornelia MÖSER (CNRS/CRESSPA) et Karima RAMDANI (CRESSPA)

Entretien réalisé par Anne Castaing et Élodie Gaden

Anne Castaing et Élodie Gaden : Dans un article intitulé « Theory et bricolage : confessions d’une traductrice », Françoise Bouillot revient, non sans humour, sur « deux ou trois points généraux dans l’océan des problèmes de traduction, avant d’aborder ceux que pose spécifiquement l’American theory ». Elle explique notamment en ces termes le rôle du traducteur : « dans une France provinciale, c’est le traducteur qui établit la tête de pont entre une théorie “confinée à l’université” et l’honnête homme – celui qui lit les journaux. Or il répond à d’autres contraintes et à un autre public que ceux de l’université. Dans la traduction éditoriale et marchande, ce n’est pas le traducteur qui choisit son texte : c’est un éditeur un peu dégourdi qui comprend que la pensée s’agite chez les voisins et commande la traduction d’un ouvrage. Sont en jeu : une somme de mots, une somme de temps, une somme d’argent »1. François Bouillot pointe un enjeu crucial de la traduction en français des ouvrages traitant du genre : celui du choix des textes à traduire. Selon vous, quels rôles jouent non seulement le traducteur, mais aussi l’éditeur, notamment lorsqu’il s’agit de textes théoriques innovant dans le champ français...

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