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De l'Ancien Régime à quelques jours tranquilles de la Grande Guerre

Une histoire sociale de la frontière

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Jean-François P. Bonnot and Sylvie Freyermuth

Soldat de l’armée d’Orient, le caporal télégraphiste Henri Chabos entretiendra durant la guerre de 14–18 une correspondance quasi quotidienne avec son amie institutrice. L’absence de saillance sociale du scripteur – commis des Postes saisi par la guerre – rend l’étude approfondie de ce cas particulièrement pertinente : ces données constituent en effet autant de traces micro-historiques éclairant les représentations d’une fraction sociale formée d’individus nés dans les dernières années du XIXe siècle, exerçant des professions d’employés d’administration ou d’enseignant du premier degré. Ce n’est toutefois pas au caporal Chabos que les auteurs s’intéressent au premier chef, mais à l’individu préexistant à la guerre, un jour contraint « d’y aller », rapidement las et soumis, et lui-même produit d’une longue histoire.

Dans une première partie, les auteurs reconstruisent la trajectoire d’une lignée d’individus (1780–1920), douaniers et enseignants, originaires du haut Doubs, qu’ils livrent dans une représentation dynamique, en interaction permanente avec un milieu marqué par un écotype singulier, celui de la frontière, fonctionnant comme un système de valeurs environnementales interdépendantes, qu’il s’agisse d’indices sociaux, économiques, culturels, historiques ou géographiques. La seconde partie est entièrement consacrée à la mise en perspective du courrier envoyé par Henri Chabos à sa fiancée, puis épouse – correspondance révélant des êtres de chair soumis aux mouvances du cœur, à l’incertitude accrue par la distance et à l’impuissance devant la séparation.

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Chapitre 7: Les « jardiniers de Salonique »

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CHAPITRE 7

Les « jardiniers de Salonique »

Portrait de Salonique et des environs

On ne possède aucune trace épistolaire concernant la période allant du début de la guerre à fin 1916, cette partie de la correspondance ayant été détruite. En revanche, Henri a laissé un album photographique1, dont certains clichés paraissent avoir été pris par lui-même ou par des camarades, tandis que d’autres pourraient avoir été réalisés par des photographes professionnels qui en faisaient commerce. On sait qu’il possédait un appareil photographique, dont on ignore la marque. On peut toutefois penser qu’il s’agissait d’un Kodak, ce fabricant ayant été le premier, en 1898, à mettre sur le marché de petits appareils à soufflet accordéon utilisant des pellicules (Folding Pocket Kodak). Comme le déclarait George Eastman, « With the Kodak, we furnish anybody, man, woman or child, who has sufficient intelligence to point a box straight and press a button with an instrument which altogether removes from the practice of photography the necessity for exceptional facilities, or in fact, any special knowledge of the art. It can be employed without preliminary study, without a dark room, and without chemicals ». (cité par Corcy, 2009, p. 67)

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