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Boko Haram au Cameroun

Dynamiques plurielles

Edited By François Wassouni and Adder Abel Gwoda

Si le déclenchement du phénomène Boko Haram et ses attaques spectaculaires ont sérieusement perturbé le cours de l’histoire des pays comme le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger, ils ont également suscité chez les chercheurs des interrogations pour comprendre les changements et les mesures prises à différents niveaux pour y faire face. Les réflexions des chercheurs seniors et juniors du monde universitaire, de la recherche, des médias, de l’armée et autres corps sociaux, rassemblées dans ce livre, mettent en exergue ces dynamiques diverses dérivées de ce phénomène qui a constitué l’un des plus grands défis auquel l’État camerounais a fait face depuis son indépendance en 1960. Les analyses montrent le degré de bouleversement de divers pans de la société : économie, politique, patrimoine, diplomatie, armée, éducation, ... Des villages se sont vidés de leurs populations, laissant de nombreux morts sur le carreau, des dégâts matériels considérables, l’économie du pays en général et celle de l’Extrême-Nord a été fortement ébranlée, la circulation des biens et des services a connu des restrictions sans précédent, tout comme la forte militarisation de certaines villes a créé une psychose. Des écoles ont été fermées tandis que les fonctionnaires appelés à servir dans l’Extrême-Nord du Cameroun se sont inscrits fréquemment dans des postures de retrait, d’évitement, voire de résistance. In fine, cet ouvrage, qui constitue l’une des meilleures synthèses actuelles sur cette crise sécuritaire, abonde de données empiriques et d’observations ancrées dans la réalité du terrain camerounais. Aussi rend-t-il compte de la manière dont la société camerounaise a vécu le phénomène Boko Haram et les réponses élaborées par l’État et les acteurs locaux, nationaux, internationaux pour juguler ce contexte particulièrement rude.

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Introduction

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En revisitant l’histoire du Cameroun, on se rend bien compte qu’à un moment donné, il a existé des moments difficiles, qui ont sérieusement bouleversé la dynamique de ce pays, au point de donner du fil à retordre aux autorités en charge de la gestion des affaires publiques, qu’il s’agisse des autorités coloniales ou celles de la période d’après indépendance. La rébellion de l’Union des Populations du Cameroun (UPC)1, la tentative du putsch manqué du 6 avril 1984, les mouvements sécessionnistes à l’instar de la Southern Cameroon National Council (SCNC) dans la partie anglophone, « les villes mortes » qui ont marqué l’avènement de l’ouverture démocratique à l’aube des années 1990, le phénomène des coupeurs de route dans la partie septentrionales2, la montée de la criminalité urbaine, la piraterie maritime3, les prises d’otages4 et très récemment les assauts de la secte terroriste Boko Haram, ← 27 | 28 → en sont quelques exemples. L’Etat, [parfois de concert avec ses partenaires multilatéraux et bilatéraux], s’est déployé avec toute son énergie pour juguler ces contextes rudes qui ont perturbé le cours de son histoire, avec parfois des conséquences importantes. Si toutes ces situations difficiles ont été maîtrisées, celle relative aux assauts répétés de Boko Haram qui est récente, constitue encore un véritable caillou dans la chaussure de ce pays et de ses voisins tels que le Nigeria d’où il a pris...

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