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Pour une histoire globale des réseaux de pouvoir

Mélanges en l’honneur d’Hubert Bonin, Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Institut d’études politiques de Bordeaux

Bertrand Blancheton, François Charles Mougel and Françoise Taliano-des Garets

Peut-on penser le pouvoir sans l'associer à des réseaux ? Comment analyser autrement le développement de l'économie de marché, de l'entreprise à la mondialisation, et expliquer différemment le rôle de la finance dans l'émergence du capitalisme moderne? Comment interpréter la nature du pouvoir dans l'éducation et la culture sans parler des réseaux qui les irriguent au même titre que ceux qui façonnent la politique, de l'échelon local à celui de la société internationale ? C'est à ces questions qu'une équipe d'historiens, d'économistes et de politistes tente d’apporter une réponse dans une approche disciplinaire traversant les époques, du XVIIIe siècle à aujourd'hui, et associant les réalités françaises aux problématiques européennes, impériales et transnationales. Partant d'une définition commune de la notion de réseaux à la fois comme articulation entre des structures et comme lien entre des personnes, la vingtaine d'études ici rassemblées explore le rôle de ces mécanismes au cœur de multiples zones de pouvoir : la banque, l'entreprise, le commerce international, la culture, l'Etat ou la domination coloniale. Chaque contributeur l'a fait de manière distincte, soit au travers d'études de cas soit par le biais de synthèses plus larges. Mais, derrière cette diversité d'analyse, il existe une exigence méthodologique collective qui donne toute sa pertinence et toute sa cohérence à cet ouvrage : partir des faits concrets pour aboutir à une réflexion thématique globale. Au bout du compte, il en ressort la confirmation du postulat initial de ce livre : l'interpénétration du pouvoir et des réseaux. Une intégration dont les formes ont évolué dans la durée et qui a réussi à se pérenniser, portée qu'elle est par les modes de représentation spécifiques aux sociétés occidentales.

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Les élites municipales de Bordeaux au XXe siècle de Charles Gruet à Jacques Chaban-Delmas (1912-1995) (Bernard Lachaise)

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Les élites municipales de Bordeaux au XXe siècle de Charles Gruet à Jacques Chaban-Delmas (1912-1995)

Bernard LACHAISE1

Professeur émérite d’histoire contemporaine. CEMMC. Université Bordeaux Montaigne

Les « élites municipales » sont constituées à la fois par les conseillers municipaux et les maires, et par la « haute fonction publique municipale » mais ici, l’étude se limitera aux élus2. Au XXe siècle, le conseil municipal de Bordeaux compte 36 membres jusqu’en 1944, 37 à partir de 1945 jusqu’en 1971, 45 en 1977, 61 en 1983 et 1989. Le nombre des élus a donc presque doublé en un siècle. Cela tient aux diverses lois qui ont modifié le mode de scrutin et non à l’évolution de la population de Bordeaux qui a baissé (1911 : 261 678 habitants ; 1936 : 258 348 et 1990 : 210 336). L’histoire politique municipale bordelaise au XXe siècle se divise en quatre temps3. De 1912 à 1925, Bordeaux est une ville républicaine modérée avec les années Charles Gruet jusqu’en 1919 puis le mandat de Ferdinand Philippart. 1912 ne marque pas un tournant politique car les modérés succèdent aux modérés depuis 1900. L’alternance date de 1925 avec la victoire du « Bloc des gauches composé de 19 socialistes, 10 radicaux et radicaux-socialistes, 1 socialiste indépendant et 6 républicains Alliance démocratique. C’est le début du « règne » d’Adrien Marquet qui reste en fonction jusqu’en 1944 malgré son éloignement croissant de la...

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