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Critique d’art et nationalisme

Regards français sur l’art européen au XIXe siècle

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Edited By Thierry Laugée and Carole Rabiller

En histoire de l’art, la critique est l’un des miroirs identitaires d’une nation, la résultante d’un héritage façonné par les codes sociaux et culturels d’un pays. Elle repose sur des conventions qui lui sont propres et admises, consciemment ou non, par ses auteurs et son public. Les textes de critique d’art français informent par conséquent tout autant sur la culture de l’observateur que sur celle de l’observé.

Ce volume réunit douze études du discours français sur l’art des pays voisins dans un contexte de rivalités ou de compétitions internationales. Par l’analyse de commentaires de salons, de comptes rendus d’expositions ou encore d’ouvrages d’histoire de l’art du XIXe siècle, les contributions interrogent la part de chauvinisme, de protectionnisme ou de géopolitique inhérente aux transferts culturels européens. Que ce soit à travers les notions d’école artistique ou de nation, la critique d’art française est devenue un important vecteur de diffusion des stéréotypes nationaux et des conflits ou alliances au sein de l’Europe. Dès lors, le point de vue du critique sur l’œuvre d’un artiste est un matériau de premier choix pour comprendre les dynamiques identitaires. La réunion de ces études vise ainsi à révéler les dimensions anthropologiques et politiques de la critique d’art française du XIXe siècle permettant d’appréhender le discours sur l’art comme une participation à la conscience collective de la spécificité d’une nation.

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La condamnation de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture par les premiers historiens de l’art. Une conséquence du rejet de l’art italien (Emmanuel Faure-Carricaburu)

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La condamnation de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture par les premiers historiens de l’art

Une conséquence du rejet de l’art italien

Emmanuel FAURE-CARRICABURU

L’émergence de l’histoire de l’art institutionnelle en France est historiquement liée aux théories racialistes qui permirent au XIXe siècle à cette discipline d’asseoir sa légitimité sur une forme de scientificité. Cet imaginaire qui investit le domaine de l’anthropologie, des sciences naturelles et de la philologie, fut ainsi mis au service d’une histoire de l’art nationaliste dont les prémisses institutionnelles coïncident avec la titularisation d’Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) à l’École des beaux-arts. Il est le premier à avoir occupé en France un poste de professeur dans le cadre des études supérieures d’art. Son intérêt pour les positions racialistes s’exprime dès le neuvième paragraphe de sa leçon d’ouverture le 29 janvier 1864, dans lequel il expose :

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