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Critique d’art et nationalisme

Regards français sur l’art européen au XIXe siècle

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Edited By Thierry Laugée and Carole Rabiller

En histoire de l’art, la critique est l’un des miroirs identitaires d’une nation, la résultante d’un héritage façonné par les codes sociaux et culturels d’un pays. Elle repose sur des conventions qui lui sont propres et admises, consciemment ou non, par ses auteurs et son public. Les textes de critique d’art français informent par conséquent tout autant sur la culture de l’observateur que sur celle de l’observé.

Ce volume réunit douze études du discours français sur l’art des pays voisins dans un contexte de rivalités ou de compétitions internationales. Par l’analyse de commentaires de salons, de comptes rendus d’expositions ou encore d’ouvrages d’histoire de l’art du XIXe siècle, les contributions interrogent la part de chauvinisme, de protectionnisme ou de géopolitique inhérente aux transferts culturels européens. Que ce soit à travers les notions d’école artistique ou de nation, la critique d’art française est devenue un important vecteur de diffusion des stéréotypes nationaux et des conflits ou alliances au sein de l’Europe. Dès lors, le point de vue du critique sur l’œuvre d’un artiste est un matériau de premier choix pour comprendre les dynamiques identitaires. La réunion de ces études vise ainsi à révéler les dimensions anthropologiques et politiques de la critique d’art française du XIXe siècle permettant d’appréhender le discours sur l’art comme une participation à la conscience collective de la spécificité d’une nation.

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« À quoi bon une Vierge pour les protestants ! ». Réception française de la peinture religieuse britannique à l’Exposition universelle de 1855 (Carole Rabiller)

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« À quoi bon une Vierge pour les protestants ! »

Réception française de la peinture religieuse britannique à l’Exposition universelle de 1855

Carole RABILLER

Du 1er mai au 31 octobre 1855 se tient à Paris la première Exposition universelle dotée d’une section Beaux-Arts. Avec 233 toiles envoyées par 100 artistes, la Grande-Bretagne est, avec la France et la Belgique, la nation la plus largement représentée au sein de cette section. Tous les plus célèbres peintres britanniques concourent à soutenir la gloire de l’Angleterre et, plus largement, du Royaume-Uni : Sir Edwin Landseer, Charles Robert Leslie, William Dyce, Frederick Goodall, William Mulready, William Hunt, Charles Lock Eastlake, William Powell Frith, George Hayter, Thomas Webster, etc. Ceux-ci répondent aux exigences du règlement qui stipulent que les artistes exposés doivent être vivants et représentatifs de l’art de leur nation1. Les œuvres sélectionnées et exposées dans la section anglaise surprennent les commentateurs français, à l’exemple de Claude Lavergne :

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