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L’eau et le mouvant

Usages et représentations de l’eau dans l’œuvre de Tacite

Yasmina Benferhat

Quelle importance les Romains accordaient-ils à la présence de l’eau, et jusqu’à quel point celle-ci jouait-elle un rôle dans leur vie quotidienne ? C’est à ces questions que répond le présent ouvrage, en s’appuyant sur l’exemple offert par Tacite, un historien célèbre qui écrivit sous le règne de Trajan, une période particulièrement brillante pour la civilisation romaine alors à son apogée.

En analysant en profondeur les passages de son œuvre où l’eau est présente, que ce soit dans la description de paysages plus ou moins idéaux, dans la présentation d’opérations militaires sur mer et le long de certains fleuves, dans la mise en parallèle des modes de vie des Romains et de leurs adversaires barbares, ou dans la prise en compte du rôle de l’eau dans la religion antique, ce livre se propose d’offrir à notre époque, pour laquelle l’eau devient de plus en plus un enjeu géostratégique, un point de comparaison et une matière à réflexion sur les permanences et les changements depuis vingt siècles. Que peut nous apprendre un Romain des années 100 de notre ère sur les usages de l’eau et ses représentations dans l’imaginaire collectif ?

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Introduction

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« On connaît les chiffres par cœur et, plus on les cite, plus ils se banalisent. Et plus il faut continuer à les citer :

– 1 milliard d’habitants de la planète n’ont pas accès à l’eau et 2,6 milliards vivent sans système d’évacuation des eaux usées.

– 25 000 êtres humains meurent chaque jour faute d’eau, dont la moitié sont des enfants. Pasteur dénonçait le fait que ‘90 % des maladies ont pour origine des carences en matière d’eau’. Ce qui était vrai de son temps l’est plus encore aujourd’hui. Pour faire simple, l’absence d’eau tue dix fois plus que les guerres.

Et l’avenir est encore plus inquiétant que le passé et le présent. Les chiffres, là aussi, parlent d’eux-mêmes : les réserves mondiales par habitant sont passées de 16 800 m³ en 1950 à 7 300 m³ en 2000 et atteindront probablement 4 800 m³ en 2025. Il faut avoir le courage de dire que les objectifs dits ‘du Millénaire’ paraissent aussi hypocrites, si ce n’est plus, que ceux qui visent à éradiquer le sida en Afrique d’ici 2010 : réduire de moitié, d’ici 2030, le nombre d’êtres humains sans accès à l’eau, cela revient à raccorder chaque jour 260 000 personnes de plus au réseau d’eau potable et 370 000 à l’assainissement… Et cela dans un contexte d’urbanisation galopante qui complexifie chaque année davantage la gestion de ce type de...

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