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L’eau et le mouvant

Usages et représentations de l’eau dans l’œuvre de Tacite

Yasmina Benferhat

Quelle importance les Romains accordaient-ils à la présence de l’eau, et jusqu’à quel point celle-ci jouait-elle un rôle dans leur vie quotidienne ? C’est à ces questions que répond le présent ouvrage, en s’appuyant sur l’exemple offert par Tacite, un historien célèbre qui écrivit sous le règne de Trajan, une période particulièrement brillante pour la civilisation romaine alors à son apogée.

En analysant en profondeur les passages de son œuvre où l’eau est présente, que ce soit dans la description de paysages plus ou moins idéaux, dans la présentation d’opérations militaires sur mer et le long de certains fleuves, dans la mise en parallèle des modes de vie des Romains et de leurs adversaires barbares, ou dans la prise en compte du rôle de l’eau dans la religion antique, ce livre se propose d’offrir à notre époque, pour laquelle l’eau devient de plus en plus un enjeu géostratégique, un point de comparaison et une matière à réflexion sur les permanences et les changements depuis vingt siècles. Que peut nous apprendre un Romain des années 100 de notre ère sur les usages de l’eau et ses représentations dans l’imaginaire collectif ?

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Chapitre I. L’eau et les Paysages

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Chapitre I

L’eau et les Paysages

De l’eau, un arbre pour l’ombre, un peu d’herbe par terre, et une brise agréable : voilà ce qui fait un locus amoenus1. L’eau joue un rôle essentiel dans l’appréciation d’un lieu, d’un paysage, parce que sans elle il n’y a pas de vie : il n’y a pas de cultures, il n’y a pas de moissons, il n’y a pas non plus de vie sociable telle qu’on la concevait dans l’Antiquité. Si beaucoup de villes ont été fondées près d’un fleuve, ce n’est sans doute pas seulement pour des raisons de commerce et de transport de marchandises : il faut de l’eau pour la communauté qui se forme.

Mais il y a également les lieux où il y a trop d’eau : cela va des marais, paludes, mélange dangereux de stable et d’instable, à certaines parties du monde connu comme la Bretagne et surtout la Germanie. Il y a des régions décrites par Tacite où l’eau de la mer, l’eau des rivières et des fleuves, l’eau du ciel sont réunies pour le plus grand désespoir des Romains qui devaient y passer…

Les paysages présents dans l’œuvre de notre historien sont particulièrement intéressants pour au moins deux raisons : premièrement il écrit à un moment où l’imperium Romanum atteint son point maximal d’extension sous l’empereur Trajan. Avec son successeur Hadrien, Rome perd certains territoires pour se stabiliser...

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