Show Less
Restricted access

De Condorcet à Decroly

La franc-maçonnerie belge, l’éducation et l’enseignement (XIXe–XXe)

Sylvain Wagnon

Franc-maçonnerie et éducation : cette alliance peut apparaître comme une évidence et, pourtant, elle demeure encore un point aveugle de la recherche dans sa globalité.

Au carrefour de l’histoire des obédiences maçonniques, de l’histoire de l’éducation et de l’histoire politique et sociale, cet ouvrage étudie à plusieurs échelons les relations entre la franc-maçonnerie et l’éducation : au niveau des individus, des acteurs que représentent les francs-maçons et les francs-maçonnes, mais aussi à celui de certaines loges et obédiences. Cette grille de lecture permet de comprendre les relations et les interférences qui ont pu exister durant le XIXe et le XXe siècle entre les prises de position de certains maçons belges et l’influence de leur environnement politique, social et économique.

Dans une optique socio-historique, en replaçant dans leur contexte les réflexions et les actions des francs-maçons belges, ce livre esquisse différentes facettes pour comprendre les dimensions et les limites d’une possible influence maçonnique sur les débats concernant l’éducation. À partir notamment des archives inédites du Grand Orient de Belgique, une réflexion d’ensemble est ainsi proposée sur différents moments forts des liens entre franc-maçonnerie et éducation : les questions de la protection de l’enfance, de la sécularisation et de la laïcisation de l’enseignement ou de l’éducation nouvelle.

Préface de Pierre-Yves Beaurepaire; Postface de Céline Bryon-Portet

Show Summary Details
Restricted access

La volonté de ne pas conclure

Extract



Si nous avons fait le choix d’une introduction programmatique, il nous a semblé cohérent de ne pas proposer une réelle conclusion. En effet, la perspective historique nous permet de poser des axes de compréhension d’une évolution, de réflexions et d’actions passées mais toujours d’actualité. L’engagement philanthropique, social voir politique est une question actuelle.

La force et la spécificité de l’histoire de l’éducation c’est d’être un lieu de rencontre entre l’histoire et les sciences de l’éducation. Cette double appartenance permet de profiter de deux méthodologies qui, selon nous, ne sont pas contradictoires mais bien complémentaires. Antonio Novoa souligne à cet égard que :

L’histoire de l’éducation n’existe qu’à partir de cette double possibilité, qui réclame de nouvelles approches du travail historique et de l’action éducative : il faut, d’abord, accepter que l’objet de l’historien n’est pas le passé, mais tout ce qui, dans le passé, peut aider à répondre aux problèmes d’aujourd’hui ; il faut, ensuite, rompre avec une vision « naturelle » ou « rationnelle » qui occulte l’historicité de la réflexion pédagogique, tout en empêchant de comprendre comment les discours scientifiques en éducation se sont construits en rapport avec le développement de groupes professionnels et de systèmes experts de connaissance1.

Cette histoire sociale et politique permet d’éclairer la complexité d’une pensée, ses tâtonnements, certes en utilisant principalement les textes, mais aussi en interrogeant les indices de l’histoire...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.