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Les métamorphoses des infrastructures, entre béton et numérique

Edited By Konstantinos Chatzis, Gilles Jeannot, Valérie November and Pascal Ughetto

Les infrastructures sont partout. Comme leur nom l’indique, elles supportent nos vies quotidiennes, ce sont des ponts, des aéroports, des réseaux d’eau ou d’électricité, mais aussi des câbles sous-marins et des fermes de serveurs informatiques. Alors que l’on constate, en général, un clivage prononcé entre les chercheurs qui s’intéressent aux nouvelles infrastructures (autour du numérique) et les « fidèles » des infrastructures liées de prime abord à la première et la seconde révolution industrielle, les auteurs de cet ouvrage s’inscrivent indistinctement dans les deux groupes. Certains d’entre eux s’essaient même à explorer ce qu’il advient des infrastructures classiques à l’ère du numérique. Ce rapprochement permet d’approfondir ce qu’il y a de commun dans des infrastructures variées et de discuter de la pertinence de l’extension de la notion à d’autres domaines. Il permet également de souligner certaines évolutions partagées en particulier autour de l’affirmation de l’individu et de l’émergence d’une dimension politique jusque-là souvent enterrée, comme le sont bien des réseaux d’infrastructures.

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Au-delà de la ville des réseaux (Olivier Coutard / Jonathan Rutherford)

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Au-delà de la ville des réseaux

Olivier COUTARD

Jonathan RUTHERFORD

La ville des réseaux hégémonique

Pendant la période historique qui s’étend approximativement du milieu du XIXe siècle au début du XXIe, dans les pays du Nord, le développement de systèmes d’infrastructures en réseaux a été en même temps un moteur, un instrument et une conséquence de l’avènement de nouvelles formes de relations dans les territoires, dans les organisations et dans les pratiques sociales, à toutes les échelles spatiales et entre celles-ci. Il en est résulté la fourniture de services, et un accès à ceux-ci, plus ou moins homogène sur un plan social et spatial. Ces services ont été fournis à une échelle parfois locale, parfois plus large, par un vaste système technologique à planification et à gestion centralisées, dans le cadre d’une concession exclusive sur un territoire donné et qui se trouve uni, à son tour, par ce système (voir, par exemple, Tarr, 1979 ; Hughes, 1983 ; Tarr et Dupuy, 1988 ; Dupuy, 1991 ; Offner, 2000).

Le développement généralisé d’infrastructures en réseaux, notamment en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord et au Japon, est allé de pair avec l’essor d’une idéologie des réseaux qui peut être résumée à trois propositions essentielles : le réseau est le moyen le plus efficace de fournir les services publics urbains ; la performance d’un réseau est proportionnelle à sa taille (portée spatiale, nombre et diversité d’utilisateurs connectés) ; la solution aux problèmes soulevés par les réseaux réside dans les réseaux eux-mêmes (dans leur expansion, dans une plus grande centralisation de leur gestion et dans l’accroissement de leur sophistication technique) (Coutard, 2010). Le développement matériel des réseaux dans les pays du Nord et l’idéologie des réseaux se sont renforcés l’un l’autre, et les deux phénomènes réunis ont été le moteur ← 163 | 164 → de la diffusion mondiale de la « ville des réseaux » comme modalité sociotechnique hégémonique étayant des formes de territorialité urbaine indissociablement aérolaires et réticulaires.

Au Nord, où s’est accompli de manière universelle « l’idéal infrastructurel moderne » (Graham et Marvin, 2001), l’avènement, au sens historique, de la ville des réseaux, à partir du milieu du XIXe siècle, est apparu comme étant lié à différentes formes d’intégration ou de solidarité :

intégration socio-économique par le biais de la fourniture de services essentiels homogènes sur l’ensemble des espaces urbanisés, cette fourniture bénéficiant de subventions croisées ;

intégration fonctionnelle, car les infrastructures en réseaux ont facilité et étayé des pratiques spatiales à l’échelle d’espaces de peuplement de plus en plus étendus ;

intégration politique, grâce à la coopération entre des gouvernements locaux adjacents, encouragée par la volonté de fournir des services homogènes à des régions urbaines entières ;

« intégration métabolique », car le développement de systèmes d’infrastructures en réseaux vastes, monopolistiques et à gestion centralisée a eu pour résultat, et aussi pour base d’appui, l’appropriation de ressources (éventuellement distantes) au bénéfice du développement de l’ensemble de la région urbaine.

Il est cependant essentiel de signaler que les « villes des réseaux » se sont présentées et se présentent encore sous des formes très diverses et que la diffusion universelle des systèmes d’infrastructures en réseaux a facilité et a été facilitée en retour par les différents types, les différents degrés et les différentes combinaisons d’agglomération/concentration et d’expansion/dispersion qui ont marqué le développement urbain contemporain dans les pays du Nord (Soja, 2000 ; Castells, 2010 ; Brenner, 2013). Autrement dit, les configurations sociospatiales des infrastructures ne déterminent pas automatiquement des modèles urbains, mais elles y sont étroitement associées.

Dans les pays du Sud, ce sont des configurations infrastructurelles très diverses qui ont prévalu, de manière différenciée avec les pays du Nord dans lesquels cette image idéale de la ville des réseaux a été plus ← 164 | 165 → ou moins mise en œuvre aux plans matériel, territorial et politique. Le modèle de la ville des réseaux a été activement mis en place dans certains cas (par exemple en Amérique latine), quoiqu’avec des buts parfois ambivalents, tandis que dans d’autres il est resté un objectif très vague ou un slogan (voir les contributions à Coutard, 2008 ; Lorrain, 2011). À Santiago, par exemple, le raccordement de toutes les habitations aux réseaux essentiels, notamment depuis les années 1980, a facilité et même légitimé une politique résolue de ségrégation spatiale et de fragmentation fonctionnelle, sociale, fiscale et politique au niveau des autorités locales au sein de la région urbaine, et a également stimulé des processus d’étalement urbain (Pflieger et Matthieussent, 2008). À Buenos Aires, une politique strictement conforme à l’idéal infrastructurel moderne s’est traduite par la création d’un espace doté de réseaux de première qualité (dans le secteur central de la capitale fédérale) délimité par le périmètre des principales conduites d’eau, mais excluant la moitié de la population de la région urbaine (Botton et De Gouvello, 2008).

Ainsi donc, les recherches empiriques révèlent que des réseaux d’infrastructures plus ou moins omniprésents ont coexisté, et ont même été en corrélation, avec des disparités sociospatiales plus ou moins graves. Fondamentalement, cela traduit le fait que des infrastructures en réseau ne peuvent être mises en place, et ne peuvent produire d’effets sociospatiaux principalement intégrateurs, qu’en présence de conditions socio-économiques, institutionnelles et politiques plus larges, comprenant notamment un accroissement des revenus et de la richesse au fil du temps, l’existence à un certain degré d’un « État providence » ou d’une redistribution socialement progressive des revenus, la suppression de l’extrême pauvreté et un certain contrôle sur l’urbanisation et sur les processus de peuplement des villes. Cependant, même là où il n’a pas été accompli matériellement (dans la plupart des contextes dans les pays du Sud), l’idéal de la ville des réseaux s’est avéré politiquement et idéologiquement puissant. Les politiques promues par les organismes de financement internationaux et par les gouvernements nationaux et locaux s’en sont d’ailleurs largement inspirées et y ont puisé leur orientation. ← 165 | 166 →

La ville des réseaux contestée

Dans des études récentes sur les infrastructures des villes du Sud, surtout sur l’eau et l’assainissement, des chercheurs ont exploré les implications urbaines importantes de l’absence ou de dysfonctionnements des grands systèmes techniques assurant l’accès aux services essentiels. Ils ont également étudié des alternatives à ces systèmes existant de longue date. Ils ont souligné le fait que l’idéal infrastructurel moderne a rarement été réalisé dans les villes du Sud (Swyngedouw, 2004 ; Jaglin, 2005 ; Coutard, 2008 ; Gandy, 2008). Ils ont aussi noté le caractère problématique de la transposition de ce concept venu du Nord dans des contextes urbains très divers et fragmentés en Afrique, en Asie et en Amérique latine (Bakker, 2003 ; Simone, 2004 ; McFarlane, 2008). En même temps, des travaux dans les domaines des changements environnementaux urbains et de l’écologie politique urbaine ont fait apparaître les infrastructures comme l’un des principaux points de controverse quant à l’accès aux aménités environnementales et aux flux de ressources (Melosi, 2000 ; Guy et al., 2001). La production des infrastructures se révèle comme un processus politique urbain majeur de transformation environnementale inégalitaire qui estompe totalement les distinctions, de fait artificielles, entre la nature et la ville (Kaika et Swyngedouw, 2000 ; Gandy, 2002 ; Keil, 2003 ; Heynen et al., 2006 ; McFarlane et Rutherford, 2008).

Ces études montrent largement que dans toutes les régions du monde, quoique pour des raisons différentes selon les contextes nationaux, régionaux et locaux, les systèmes d’infrastructures en réseaux classiques sont de plus en plus mis en question comme forme hégémonique de fourniture des services essentiels. Ce changement est en train d’avoir des conséquences concrètes dans les politiques infrastructurelles, et ce à l’échelle mondiale. Là où les réseaux classiques étaient devenus historiquement hégémoniques, on favorise désormais le développement de configurations systémiques diverses. Là où les systèmes en réseaux n’ont pas été (entièrement) mis en place, on assiste au maintien durable d’autres configurations préexistantes.

Il faut cependant souligner que les transformations infrastructurelles ne prennent jamais la forme d’une transition massive et directe d’un grand système technique à un autre. Les systèmes existants ne sont pas ← 166 | 167 → démantelés et retirés pour être remplacés par des systèmes alternatifs flambant neufs considérés comme des remèdes technologiques absolus. Des modifications incrémentales, des ajustements ou des réparations à petite échelle, l’intégration de « technologies de médiation » (Furlong, 2011) ou de nouvelles couches de dispositifs apportant plus de flexibilité et plus de retour d’information aux systèmes d’infrastructures existants (qui comportent déjà plusieurs couches), peuvent aboutir à de petites ou de grandes reconfigurations dans le fonctionnement et l’expérience urbains (voir, par exemple, Moss, 2000). Cela s’applique également à la remise sur pied de systèmes technologiques ayant auparavant existé, qu’ils aient disparu ou aient été temporairement abandonnés, et qui réémergent, car leurs qualités ou leurs composants paraissent retrouver leur utilité (Shove, 2012).

Il est également évident que ces formes et ces degrés de changement technologique très différenciés s’articulent étroitement, de diverses manières (et au point d’en être indissociables), avec les rapports et les processus sociaux évolutifs, de telle sorte que les infrastructures doivent être considérées comme composées de co-configurations de divers « hardwares » (matériels) et « softwares » (logiciels) (Walker et Cass, 2007). Comme le prouvent les travaux anciens et actuels en matière de STS et de transitions, le changement sociotechnique est en fait un mélange contingent de différents types et degrés de changement, lié à la dynamique évolutive de l’innovation et de composants plus stables, que sont l’inertie, la dépendance au sentier et la matérialité « obstinée » des infrastructures (Bijker et al., 1987 ; Hommels, 2005 ; Geels et Schot, 2007).

Les changements dans les systèmes d’infrastructures ne se produisent donc jamais d’un seul coup ; ils donnent toujours lieu à des frictions et des tensions entre des dynamiques largement indépendantes. Cependant, certaines caractéristiques générales peuvent être identifiées dans les transformations en cours des infrastructures matérielles et/ou de l’idéal infrastructurel :

un passage de l’homogénéité (effective ou recherchée) à la diversité (reconnue) ‒ et à la sélectivité ciblée ‒ des espaces infrastructurels, y compris sous des formes diverses de recomposition des services, des pratiques, des technologies, des normes, des flux, des fournisseurs de services, etc. ; ← 167 | 168 →

des reconfigurations et des changements d’échelle au sein des « espaces de solidarité » liés à ces systèmes, les solidarités à grande échelle se réarticulant avec des formes renouvelées d’« autonomie » locale ;

une solidarité sociospatiale de plus en plus fondée sur la division (impliquant l’appropriation) des ressources, qui se combine avec les solidarités classiques fondées sur la fourniture de services homogènes partagés ;

une évolution, en matière de services, de formes collectives de pratiques, de normes et d’attentes vers des formes plus individualisées ou plus diversifiées ; et en rapport avec celui-ci, un passage d’infrastructures « à taille unique » à des infrastructures personnalisées, « sur mesure » ;

l’apparition de nouvelles formes d’appropriation individuelle ou collective des infrastructures et de nouvelles significations sociales et politiques des infrastructures ;

la circulation internationale et interurbaine de modèles favorisant ces changements.

Infrastructures effervescentes

Les infrastructures deviennent ainsi de plus en plus hétérogènes quant aux éléments et aux significations qui les composent, quant à leurs topologies, leurs échelles et leurs frontières, et quant à la multiplicité des manières dont elles sont abordées et « vécues ». Les flux, mailles et composants des systèmes de gestion des eaux, des énergies, des déchets et autres subissent actuellement des formes multiples d’expansion, de différenciation, de rénovation et des remodelage vers des configurations diverses et contingentes qui redéfinissent les modalités d’inscription des infrastructures dans les tissus urbains et la notion même d’infrastructure (Coutard et Rutherford, 2016). De nouvelles écologies infrastructurelles émergent, en même temps que les flux de ressources et les techniques de contrôle et de gestion subissent des reconfigurations « locales » particulières qui recomposent les frontières, les valeurs et le fonctionnement des systèmes technologiques. Les infrastructures sont constamment négociées, produites et reproduites par les techniciens et les utilisateurs dans leur vie et leur travail quotidiens, et sont ainsi ← 168 | 169 → façonnées pour et par des appropriations, des expériences et des pratiques individuelles et collectives. Suivre et cartographier cette sphère vibrante et effervescente exige l’extension et le renouvellement incessants des perspectives, des méthodes et des outils analytiques.

Soulignons enfin, pour conclure, que les significations sociopolitiques des transitions infrastructurelles urbaines en cours sont par essence ambivalentes. De même que l’intégration effective dans et à travers la « ville des réseaux » a toujours dépendu de conditions sociopolitiques plus larges, aucun effet urbain des configurations sociotechniques « alternatives » n’est automatique : ces effets sont toujours façonnés par les caractéristiques particulières des sociétés urbaines dans lesquelles les infrastructures s’inscrivent et qu’elles façonnent à leur tour. Les configurations infrastructurelles « décentralisées » ou distribuées, émergentes ou existantes, n’apportent pas par elles-mêmes une plus grande durabilité, environnementale ou autre, car elles peuvent s’avérer au moins aussi gourmandes de ressources que les grands systèmes techniques centralisés. Les nouveaux aménagements technologiques pourraient très bien perpétuer le contrôle centralisé, et/ou être façonnés par et pour des intérêts sociaux dominants existants et ainsi reproduire des systèmes appuyant le statu quo. Néanmoins, en même temps, il existe un potentiel pour que la diversification et la pluralisation des configurations des infrastructures concourent à des objectifs plus progressistes, façonnés par et pour des enjeux collectifs, et s’ouvrant plutôt que se fermant à la diversité des futurs sociotechniques urbains possibles.

La compréhension et la conceptualisation du changement sociotechnique doivent donc être au cœur même des analyses des processus d’urbanisation contemporains à l’échelle mondiale, comme elles sont au fondement des remaniements et des réarticulations constants des formes de territorialité aréolaires et relationnelles qui constituent ces processus.

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