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Documents diplomatiques français

1916 – (1er janvier – 31 décembre)

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Ministère des Affaires étrangères

1916 est restée dans la mémoire collective comme l’année de Verdun et de la Somme, des batailles dont la propagande française veilla à souligner qu’il pouvait s’agir là d’un tournant décisif au moment où la guerre est en train de devenir totale.

De plus en plus, diplomatie, questions économiques, financières et militaires s’entremêlent et nécessitent des concertations continues à travers des conférences interalliées. Arme à double tranchant, le blocus impose des contraintes aux Alliés, confrontés aux protestations des Neutres craignant pour leur commerce et la sécurité de leurs navires, alors que la guerre maritime s’intensifie. La contrebande se développe. Le blocus n’empêche pas la course aux marchés soustraits aux Allemands en Afrique ou en Chine. C’est dans ce pays que l’on part en quête de main-d’œuvre pour le « front du travail », désormais enjeu crucial qui porte à s’inquiéter du traitement des populations civiles des zones occupées et des prisonniers de guerre, soumis au travail forcé en Allemagne, sans compter le dilemme que constitue leur ravitaillement.

Mais il existe d’autres menaces : celles qui pèsent sur l’Empire français, en Indochine, y compris de la part de l’allié japonais, et, surtout, dans les colonies musulmanes. On y redoute l’action subversive des « agents ennemis » turcs et/ou allemands, avant que la révolte du chérif Hussein de La Mecque, encouragée par les Britanniques, puisse laisser entrevoir le soutien des populations arabes. Au Levant, les chrétiens ne sont d’ailleurs plus l’unique cible des exactions du gouvernement jeune-turc. De fait, l’autre grande affaire reste la Question d’Orient et le sort de l’Empire ottoman avec la négociation des accords Sykes-Picot. L’attention portée aux fronts d’Orient se renforce, tout comme les pressions pour faire entrer la Grèce et la Roumanie en guerre ou les efforts pour préserver ce qui reste de l’armée serbe. Malgré les victoires au Caucase, la situation intérieure de la Russie préoccupe.

Déjà l’après-guerre et la conférence de la Paix se préparent. La France ne voudrait pas que la victoire, dont Verdun semble porter la promesse, lui soit volée. D’où la méfiance à l’égard des congrès pacifistes des socialistes européens, des offres de paix de l’ennemi par l’intermédiaire des États-Unis ou des Neutres, et le constat circonspect des divergences d’intérêts sous-jacents avec l’allié anglais.

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498 Général Pau, Chef de la mission militaire française auprès du GQG russe, à Général Gallieni, Ministre de la Guerre, Général Joffre, Commandant en chef des Armées françaises

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498

GÉNÉRAL PAU, CHEF DE LA MISSION MILITAIRE FRANÇAISE AUPRÈS DU GQG RUSSE, À GÉNÉRAL GALLIENI, MINISTRE DE LA GUERRE, GÉNÉRAL JOFFRE, COMMANDANT EN CHEF DES ARMÉES FRANÇAISES.

Ainsi que je l’ai déjà fait, et notamment dans mon télégramme 146 du 15/26 janvier 1915, je me permets de vous demander de bien vouloir me prévenir suffisamment à l’avance des envois de personnel en Russie. Les Russes demandent à ne pas être surpris ni brusqués. Sans parler de la difficulté que présente une question mal engagée, qui doit être reprise, ce sont les officiers qui débarquent ainsi à l’improviste qui en supportent tous les frais, leur mission se heurte de ce fait à un surcroît de difficultés tout à fait superflu et le sacrifice fait par la France perd une grande partie de son utilité.

Les Russes ont depuis longtemps autorisé la formation d’unités tchèques formées de prisonniers autrichiens. En ce moment la valeur d’un régiment opère sur le front russe, réparti en petites unités ayant principalement pour but les reconnaissances, les coups de mains de partisans, incitant les Tchèques encore dans les rangs de l’armée autrichienne à passer dans les rangs russes.

Les résultats obtenus ne sont pas négligeables car 120 000 Tchèques, actuellement prisonniers, demandent à s’engager, le développement de ces unités se poursuit.

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