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L’ivresse entre le bien et le mal

De l’Antiquité à nos jours

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Edited By Matthieu Lecoutre

L’ambivalence de la relation à l’ivresse est au cœur de l’histoire. Depuis l’Antiquité, des hommes et des femmes s’enivrent en s’appuyant sur des arguments complaisants et en laissant de côté les arguments moralisateurs.

Cet ouvrage a pour objectif de mieux comprendre cette particularité humaine qui consiste à pouvoir boire sans soif. Onze interventions scientifiques abordent les questions essentielles : Comment a-t-on justifié l’ivresse de l’Antiquité à nos jours ? Pourquoi et avec quoi s’enivre-t-on depuis l’Antiquité ? Dans quels cas l’ivresse est-elle perçue négativement au sein des sociétés ? Quelles solutions adopter aujourd’hui à l’égard des conséquences néfastes de l’alcool ?

Les réponses ne sont jamais univoques. Les sociétés, de l’Amérique à l’Asie, de l’Afrique à l’Europe, ont toujours réfléchi à l’endroit où placer le curseur, avec plus ou moins de succès, entre fermeté et empathie envers l’alcoolo-dépendant.

Dans cet ouvrage, des spécialistes en sciences humaines expliquent les fondements culturels, économiques et sociaux de l’ivresse et tous sont d’accord sur une solution à apporter aujourd’hui : l’éducation à la consommation.

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Le merum : un vin pour l’ivresse romaine (vers 250 av. J.-C.-vers 150 apr. J.-C.) (Christophe Badel)

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Le merum : un vin pour l’ivresse romaine (vers 250 av. J.-C.-vers 150 apr. J.-C.)

Christophe BADEL

Rennes 2

La démarche anthropologique a renouvelé notre compréhension des pratiques alimentaires en mettant en lumière certains clivages structurants et invariants, tels le cru et le cuit. Dans le domaine de la boisson, on peut se demander si la dialectique de l’eau et du vin, leur opposition ou leur association, ne pourrait pas être érigée en paradigme équivalent tant elle occupe une place centrale dans nombre de sociétés. Pour l’Antiquité classique, en tout cas, elle paraît constituer un schéma fondateur puisque l’historiographie considère que les Grecs et les Romains ne buvaient pas de vin pur mais coupé d’eau, laissant aux barbares la consommation du breuvage dans son état originel. L’opposition vin coupé/vin pur se trouverait donc au cœur des clivages civilisation/barbarie, humanité/animalité, culture/nature. La nature d’une telle boisson pose d’ailleurs question et les Anciens s’interrogeaient déjà sur le sujet : eau dans vin ou vin dans eau, vin dilué ou eau renforcée de vin1 ?

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