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L’ivresse entre le bien et le mal

De l’Antiquité à nos jours

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Edited By Matthieu Lecoutre

L’ambivalence de la relation à l’ivresse est au cœur de l’histoire. Depuis l’Antiquité, des hommes et des femmes s’enivrent en s’appuyant sur des arguments complaisants et en laissant de côté les arguments moralisateurs.

Cet ouvrage a pour objectif de mieux comprendre cette particularité humaine qui consiste à pouvoir boire sans soif. Onze interventions scientifiques abordent les questions essentielles : Comment a-t-on justifié l’ivresse de l’Antiquité à nos jours ? Pourquoi et avec quoi s’enivre-t-on depuis l’Antiquité ? Dans quels cas l’ivresse est-elle perçue négativement au sein des sociétés ? Quelles solutions adopter aujourd’hui à l’égard des conséquences néfastes de l’alcool ?

Les réponses ne sont jamais univoques. Les sociétés, de l’Amérique à l’Asie, de l’Afrique à l’Europe, ont toujours réfléchi à l’endroit où placer le curseur, avec plus ou moins de succès, entre fermeté et empathie envers l’alcoolo-dépendant.

Dans cet ouvrage, des spécialistes en sciences humaines expliquent les fondements culturels, économiques et sociaux de l’ivresse et tous sont d’accord sur une solution à apporter aujourd’hui : l’éducation à la consommation.

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« Le soûlard s’en fout » ? Manières de boire et manières de voir l’ivresse en milieu urbain burkinabè (Raphaëlle Héron)

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« Le soûlard s’en fout »1 ?

Manières de boire et manières de voir l’ivresse en milieu urbain burkinabè

Raphaëlle HÉRON

UMR D&S (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / IRD), Groupe Nutriset

Introduction

Selon les statistiques de l’OMS2, avec 6,8 litres d’alcool pur par personne et par an (moyenne 2008-2010, dernières données disponibles), le Burkina Faso est le premier pays consommateur d’alcool parmi ses voisins limitrophes3. Il présente des manières de s’alcooliser et de percevoir l’ivresse particulières. L’objectif de cette analyse, centrée sur la capitale, Ouagadougou, et Bobo-Dioulasso (la deuxième plus grande ville du pays), est de comprendre quelles sont les formes de consommation courante d’alcool hors foyer. À partir d’une classification des manières de boire distinguant les types, les lieux et la sociabilisation de l’alcoolisation, il semble intéressant de questionner « qui peut boire quoi » et quels sont les arguments justificatifs ou restrictifs vis-à-vis de l’ivresse. Cette étude s’inscrit donc dans la lignée socio-anthropologique de la recherche autour du « boire », telle que définie par Obadia4 : ← 189 | 190 →

Une anthropologie plus contemporaine […] s’affirme science de la contextualisation (plus que des cultures), et c’est à travers elle que se fait l’exploration des lieux, privatifs (domiciles) ou publics (bars, cafés, cabarets, boîtes de nuit, etc.) qui permet de dégager les modalités du boire, ses enjeux, et les...

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