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Pour une histoire connectée et transnationale des épurations en Europe après 1945

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Edited By Marc Bergère, Jonas Campion, Emmanuel Droit, Dominik Rigoll and Marie-Bénédicte Vincent

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe libérée est traversée par une même soif de justice à l’égard des anciens ennemis et de leurs collaborateurs. Ce livre interroge ce « moment 1945 » comme une expérience, sinon totalement commune, du moins largement partagée par delà la coupure Est-Ouest du continent qui s’installe rapidement. Dans une perspective d’histoire comparée, son objectif premier est de faire dialoguer des historiographies nationales des « épurations » déjà riches mais qui s’ignorent le plus souvent. Au-delà, le pari de cet ouvrage collectif réside dans sa capacité à proposer de manière originale les bases d’une histoire connectée et transnationale des épurations européennes. Pour ce faire, les auteurs portent une attention particulière aux phénomènes de circulation et de transferts en matière de normes, de pratiques, voire d’acteurs des épurations, puis des « dés-épurations ». De même, ils accordent une place privilégiée aux populations « déplacées » dans ce contexte, en considérant les expulsés, exilés et réfugiés comme un autre phénomène marquant de l’histoire chaotique de l’Europe post-1945 qu’il convient de relier à l’histoire des épurations.

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Chapitre 4 — Les épurés du mouvement breton en Irlande : l’interceltisme à l’épreuve de la réalité (1946-années 1950) (Sébastien Carney)

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CHAPITRE 4

Les épurés du mouvement breton en Irlande : l’interceltisme à l’épreuve de la réalité (1946-années 1950)

Sébastien CARNEY

CRBC, Université de Brest

Si l’épuration en Bretagne est aujourd’hui bien connue1, la sortie de guerre du mouvement breton reste un angle mort de la recherche. Peu nombreux sont ceux qui se sont intéressés à la façon dont les nationalistes bretons ont abordé les années consécutives à la Libération, que certains d’entre eux vécurent comme « la deuxième persécution des Girondins »2. Outre les travaux de Luc Capdevila, on retiendra les quelques pages que consacre Roger Faligot à l’exil des Bretons en Irlande, le mémoire de Vincent Kerbiquet sur Le rôle de l’Irlande dans le mouvement nationaliste breton, celui de Gabrielle Boudy sur l’exil des autonomistes en Irlande, ou plus récemment l’étude incontournable de Daniel Leach sur l’exil des minorités nationalistes européennes en Irlande3. Ces études ont mis à ← 71 | 72 → jour quelques faits essentiels : entre 1946 et 1950, ce sont 23 militants bretons et parfois leurs familles qui ont trouvé refuge en Irlande. Dix-neuf d’entre eux, inquiétés pour intelligence avec l’ennemi ou atteinte à la sûreté de l’État, fuyaient une probable arrestation, un procès, une condamnation à mort ou aux travaux forcés. Les autres ont choisi de partir, parfois parce qu’ils étaient frappés d’interdiction de séjour en...

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