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Pour une histoire connectée et transnationale des épurations en Europe après 1945

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Edited By Marc Bergère, Jonas Campion, Emmanuel Droit, Dominik Rigoll and Marie-Bénédicte Vincent

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe libérée est traversée par une même soif de justice à l’égard des anciens ennemis et de leurs collaborateurs. Ce livre interroge ce « moment 1945 » comme une expérience, sinon totalement commune, du moins largement partagée par delà la coupure Est-Ouest du continent qui s’installe rapidement. Dans une perspective d’histoire comparée, son objectif premier est de faire dialoguer des historiographies nationales des « épurations » déjà riches mais qui s’ignorent le plus souvent. Au-delà, le pari de cet ouvrage collectif réside dans sa capacité à proposer de manière originale les bases d’une histoire connectée et transnationale des épurations européennes. Pour ce faire, les auteurs portent une attention particulière aux phénomènes de circulation et de transferts en matière de normes, de pratiques, voire d’acteurs des épurations, puis des « dés-épurations ». De même, ils accordent une place privilégiée aux populations « déplacées » dans ce contexte, en considérant les expulsés, exilés et réfugiés comme un autre phénomène marquant de l’histoire chaotique de l’Europe post-1945 qu’il convient de relier à l’histoire des épurations.

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Chapitre 15 — Déstaliniser l’épuration ? L’amnistie soviétique de 1955 (Vanessa Voisin)

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CHAPITRE 15

Déstaliniser l’épuration ? L’amnistie soviétique de 1955

Vanessa VOISIN

FMS/CERCEC

Dix ans à peine après la proclamation de la « Victoire sur l’ennemi germano-fasciste », l’Union soviétique adoptait deux lois d’amnisties à l’égard des prisonniers de guerre étrangers et des collaborateurs de l’ennemi de citoyenneté soviétique. De septembre 1955 à la fin de l’année suivante, près de 12 000 ressortissants étrangers qualifiés de criminels de guerre furent enfin rapatriés dans leur pays, tandis que presque 60 000 Soviétiques étaient libérés. « Avec l’amnistie de 1953, l’amnistie de 1955 [fut] la plus grosse opération de libération de détenus politiques1. » L’épuration avait été particulièrement sévère en URSS. En se limitant aux personnes condamnées, que ce soit par un tribunal ou par le Bureau spécial du NKVD, le nombre total d’épurés dépasse les 500 000, sur un total de collaborateurs compris entre un et deux millions. Il faut ajouter à ces condamnés quelques centaines de milliers de collaborateurs armés (formations de la Wehrmacht ou polices auxiliaires) sanctionnés après 1945 par une déportation en colonie spéciale, ainsi qu’un nombre inconnu de membres de familles de traîtres et de Soviétiques compromis dans des relations privées avec l’occupant. Compte tenu de l’opprobre durable pesant sur les « traîtres » en URSS et de l’absence de d...

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