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Pour une histoire connectée et transnationale des épurations en Europe après 1945

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Edited By Marc Bergère, Jonas Campion, Emmanuel Droit, Dominik Rigoll and Marie-Bénédicte Vincent

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe libérée est traversée par une même soif de justice à l’égard des anciens ennemis et de leurs collaborateurs. Ce livre interroge ce « moment 1945 » comme une expérience, sinon totalement commune, du moins largement partagée par delà la coupure Est-Ouest du continent qui s’installe rapidement. Dans une perspective d’histoire comparée, son objectif premier est de faire dialoguer des historiographies nationales des « épurations » déjà riches mais qui s’ignorent le plus souvent. Au-delà, le pari de cet ouvrage collectif réside dans sa capacité à proposer de manière originale les bases d’une histoire connectée et transnationale des épurations européennes. Pour ce faire, les auteurs portent une attention particulière aux phénomènes de circulation et de transferts en matière de normes, de pratiques, voire d’acteurs des épurations, puis des « dés-épurations ». De même, ils accordent une place privilégiée aux populations « déplacées » dans ce contexte, en considérant les expulsés, exilés et réfugiés comme un autre phénomène marquant de l’histoire chaotique de l’Europe post-1945 qu’il convient de relier à l’histoire des épurations.

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Chapitre 18 — La Sécurité d’État en RDA face au défi du post-fascisme : entre répression, archivage et poursuite des criminels de guerre nazis (1945-1988) (Emmanuel Droit)

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CHAPITRE 18

La Sécurité d’État en RDA face au défi du post-fascisme : entre répression, archivage et poursuite des criminels de guerre nazis (1945-1988)

Emmanuel DROIT

Sciences Po, Strasbourg / UMR DynamE

Pour une histoire post-fasciste connectée des deux Allemagnes

Dans une brochure éditée en 1965, le ministère est-allemand de la Justice, rappelait sur un ton péremptoire que la République démocratique allemande (RDA) avait engagé toutes les mesures épuratoires nécessaires contre les criminels de guerre et les criminels nazis (Kriegs- und Naziverbrecher). Vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’effondrement du « Troisième Reich », par contraste avec la République fédérale d’Allemagne (RFA) présentée comme une machine à réintégrer les anciennes élites nazies1, la RDA entendait démontrer aux yeux du monde entier qu’elle était la seule des deux Allemagnes nées de la guerre froide à pouvoir affirmer être à la fois le pays de l’antifascisme et du post-fascisme :

La présente documentation vise à informer l’opinion publique internationale de l’attitude des deux États allemands par rapport aux poursuites et à la répression des criminels nazis et des criminels de guerre. Elle fournit la preuve que la RDA a tout fait pour poursuivre de manière systématique tous les criminels nazis et les criminels de guerre, pour les châtier en fonction de leur degr...

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