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Sagesse et résistance dans les littératures francophones

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Edited By Marc Quaghebeur

Après avoir abordé les modalités des relations entre Violence et Vérité dans les littératures francophones, ce volume s’attache à des formes littéraires de Résistance. Celles-ci entendent souvent dépasser les réponses purement violentes et manifester ainsi leur refus de l’assujettissement, par des Sagesses – répliques souvent plus subtiles à la barbarie et à la domination. Elles circonviennent beaucoup mieux l’adversaire, comme le « sujet supposé savoir » dont parlent les psychanalystes. Ce parcours se fait au travers de textes francophones venus de latitudes très diverses : du Vietnam au Liban, du Maghreb à l’Afrique centrale, de la Suisse et de la Belgique aux Amériques. Ce faisant, c’est à un florilège d’esthétiques diverses que se voit convié le lecteur. Ce livre touche en effet aussi bien au symbolisme qu’à la postmodernité, en passant par les grandes voix du Maghreb ou des Antilles dans le contexte du dernier demi-siècle. Le propos ne s’organise pas pour autant en fonction des aires géographiques. Il montre que les soi-disant opacités francophones, leurs poét(h)iques, leurs hybridations ou leurs chemins de traverse constituent toujours des réponses à des situations historiques. Elles sont, qui plus est, très révélatrices de la dynamique du système franco-francophone. Trente-cinq études, pour ce faire, et qui font saisir de près le fait que ces œuvres sont loin d’être périphériques.

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Dany Laferrière : Ceci n’est pas un roman (Marie Joqueviel-Bourjea)

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Dany Laferrière : Ceci n’est pas un roman1

Marie JOQUEVIEL-BOURJEA

Université Paul-Valéry Montpellier 3 (France)

C’est à toutes formes de servitudes que résiste le roman de Dany Laferrière – à commencer par celles induites par les formes romanesques elles-mêmes. Dans cette œuvre, une sagesse tout près d’être nietzschéenne se défait heureusement des dictatures réelles, des identités meurtrières, des prisons culturelles, des attendus formels. Car, pour cette écriture échappant à tout enfermement catégoriel, il s’agit moins d’articuler un non (que ce soit à un pays, une langue ou une forme), que de dire oui à ce qui s’invente autrement, pour et par l’autre – soit, pour reprendre la formule nietzschéenne, de devenir ce que l’on est. Devenir de l’auteur-narrateur depuis (et par delà) les romans-chapitres de son Autobiographie américaine2, comme devenir d’une écriture ne cessant de s’in-former dans la conscience que nulle matière ne saurait trouver sa forme sans opposer la résistance nécessaire à la main qui la travaille. Si l’homme Dany Laferrière hérite des conflits légués par l’Histoire3, le romancier y répond à hauteur d’œuvre. La sagesse qui est sienne consiste, après avoir été « jeté à la porte de [s]on pays », à y « retourner [en] pass[ant] par la fenêtre du roman »4. ← 385 | 386 →

Je ne saurais, dans le cadre de cet article, convoquer la totalité d’une œuvre qu’une vingtaine d’ouvrages composent...

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