Show Less
Restricted access

Transmettre une fidélité

La Contre-Révolution et les usages du passé (France, Espagne, Italie ‒ XIXe-XXe siècles)

Series:

Edited By Bruno Dumons and Paul Chopelin

Ce volume collectif interroge les modalités d’élaboration, de diffusion et de perception des souvenirs historiques dans les milieux contre-révolutionnaires français, italiens et espagnols à l’époque contemporaine. Si la tradition historiographique contre-révolutionnaire, en tant que système de pensée, est aujourd’hui assez bien connue, elle ne doit pas dissimuler la multiplicité des usages militants du passé, à l’échelle individuelle ou collective. Pour ne pas rompre le « fil de l’histoire » et transmettre le flambeau aux nouvelles générations, les contre-révolutionnaires ont tout à la fois exalté la légitimité historique des princes et valorisé le comportement exemplaire de ceux qui ont su leur rester fidèles dans l’adversité. La construction de généalogies, d’armoriaux ou d’histoires familiales permet de conjurer la rupture révolutionnaire ou « l’usurpation » dynastique, tandis que les pèlerinages, auprès des princes en exil, sur des tombeaux ou sur des sites de bataille, se doublent souvent d’une collecte de souvenirs et de reliques. Les contributions réunies dans ce volume témoignent de l’émergence, à l’échelle européenne, d’une véritable contre-culture historique, fondée sur la célébration de la fidélité, érigée en vertu politique fondamentale face à « l’opportunisme libéral » et à la « subversion révolutionnaire ». Tout autant qu’aux supports – livres, monuments ou musées –, une grande attention a été portée aux acteurs de cette « histoire en blanc », leurs circulations et leur insertion dans les réseaux contre-révolutionnaires de leur temps.

Show Summary Details
Restricted access

Après la Révolution, un conservatisme refondé en Piémont : l’itinéraire de Juliette Colbert, marquise de Barolo (Nicolas Bourguinat)

Extract

← 20 | 21 →

Après la Révolution, un conservatisme refondé en Piémont :

l’itinéraire de Juliette Colbert, marquise de Barolo

Nicolas BOURGUINAT

Giulia di Barolo appartenait à la haute aristocratie de Turin par son mariage conclu en 1809 avec le marquis Tancredi Falletti di Barolo. Mais elle était née Juliette Colbert de Maulévrier, ce qui la rattachait à la vieille noblesse de l’Ouest, aux résistances à la Révolution française et à l’Émigration. Assez paradoxalement, elle fut liée à l’un des précurseurs du Risorgimento italien, Silvio Pellico, avec lequel elle entra en correspondance après la publication de Le miei prigioni, en 1832. Pellico devait devenir un de ses intimes, au point que pour lui éviter une trop grande détresse matérielle, le marquis de Barolo l’engagea comme bibliothécaire, ce qui revenait à l’attacher à sa maison1. En retour, Pellico fit beaucoup de publicité aux causes et aux œuvres de bienfaisance de Juliette Colbert en Italie, mais également en Angleterre où il avait ses réseaux et où une large partie de l’opinion éclairée connaissait déjà la marquise grâce à une autre catholique qui était active dans les mêmes œuvres de charité, Lady Georgiana Fullerton. Elle resta au contraire peu connue en France, alors même qu’elle y conservait des relations familiales et amicales importantes. Transmettre une fidélité, dans le cas de la marquise Barolo, cela ne pouvait pas passer par une transmission verticale : en...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.