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L’essentiel de la médiation

Le regard des sciences humaines et sociales

Edited By Michele De Gioia and Mario Marcon

Est-ce qu’un linguiste envisage la médiation de la même façon qu’un juriste ou un didacticien ? Est-ce que la médiation cognitive a quelque chose à voir avec la médiation interculturelle et la médiation institutionnelle ? Est-ce que le médiateur culturel, le médiateur social et le médiateur urbain exercent le même travail ? Lorsque la médiation apparaît dans des textes ou des discours, on saisit sommairement à quoi elle renvoie, d’autant plus que sa définition s’enrichit des connaissances, des compétences, des pratiques et des situations propres aux domaines qui la concernent.

Cet ouvrage questionne « l’essentiel de la médiation » suivant le regard des sciences humaines et sociales. Des scientifiques, experts, professionnels apportent des éclairages par une approche globalement pluridisciplinaire et quelquefois interdisciplinaire, à partir des sciences du langage, sciences de l’information et de la communication, sciences de l’éducation, sociologie, philosophie, droit. Leurs contributions mettent en lumière des traits conceptuels transdisciplinaires faisant consensus, dans le but de parvenir à une caractérisation conceptuelle à la fois transversale et autonome de la médiation.

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Giovanni Agresti: La médiation du linguiste dans le conflit diglossique : du regard rétrospectif aux nouvelles perspectives

La médiation du linguiste dans le conflit diglossique :

du regard rétrospectif aux nouvelles perspectives

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Giovanni AgrestiUMR 5478 Iker (CNRS / Université Bordeaux Montaigne / UPPA)

La « médiation linguistique » est une pratique encore relativement floue, alors que la « médiation » a reçu une définition rigoureuse et satisfaisante : c’est l’intervention d’un sujet tiers, neutre, dépourvu de pouvoir (le « médiateur ») qui vise à résoudre un conflit ou différend non pas par un jugement, un arbitrage ou une conciliation, mais à travers la facilitation de l’émergence d’une solution qui émanerait des parties en cause (Guillaume-Hofnung 2014). De ce point de vue, on pourrait affirmer que la notion de « médiation », en ce qu’elle renvoie à une dynamique essentiellement relationnelle, serait toujours « sociale ». Elle serait aussi toujours « linguistique » car, d’évidence, le médiateur, pour réussir dans sa tâche, use, entre autres outils, de son discours et de ses compétences linguistiques. Si la notion de « médiation linguistique » apparaît, dès lors et du moins dans cette perspective, redondante, on peut se demander si le linguiste, et notamment le linguiste de terrain, qui a régulièrement affaire à des personnes et des groupes, est ou peut être un médiateur. Autrement dit, on peut se demander si la notion de « médiation du linguiste » et celle, corrélée, de « linguiste-médiateur », sont légitimes, autonomes, recevables et si elles possèdent un bon rendement. Le présent article propose une réponse à cette question, par l’inscription de ces notions dans le cadre d’un conflit bien particulier et...

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