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Un dénuement fastueux

Les œuvres d’art dans les chartreuses médiévales

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Cristina Dagalita

En 1385, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi fonde la chartreuse de Champmol, près de Dijon. Les œuvres somptueuses réalisées pour ce monastère reflètent-elles la spiritualité des chartreux ? Cet ouvrage propose un regard transversal sur l’art produit pour les moines chartreux au cours du Moyen Âge. Il analyse la manière dont ceux-ci envisageaient la création artistique, d’après le témoignage de leurs textes normatifs ou mystiques. Peut-on dire qu’il y a eu un « art chartreux » ? La présent livre explore les mécanismes de la commande artistique en se plaçant du point de vue d’un ordre placé sous le sceau de l’austérité, mais destinataire de nombreuses œuvres d’art.

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Conclusion de la première partie

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Les premiers textes normatifs des chartreux, au cours du XIIe siècle, se limitaient à constater l’absence d’ornements précieux dans l’église. D’autre part, les plus anciens écrits de spiritualité de ces moines dénotent une sensibilité envers le spectacle de la nature, mis en relation avec l’art. Les enluminures des beaux manuscrits de la Grande Chartreuse, au début du XIIe siècle, attestent d’une présence ancienne de l’art dans le cadre de vie des chartreux. Dès les premiers temps de leur expérience, la contemplation des images, sous la forme des initiales décorées des livres, semblait naturelle. De fait, vers le milieu du XIIIe siècle, les peintures murales s’étaient multipliées dans les lieux de culte et dans les résidences pour les hôtes de leurs monastères. Les prieurs étaient soucieux de préserver une certaine rigueur caractéristique de leur ordre, d’autant plus depuis qu’ils avaient accepté les fondations proches des villes. Lors des chapitres généraux de 1261 et de 1280, les prieurs chartreux décidèrent l’effacement des œuvres jugées excessives par les visiteurs des maisons. Jusqu’à la fin de l’époque médiévale, alors que les décrets recensent la diversité croissante des formes sous lesquelles l’art était présent dans les chartreuses, la lettre de la loi reste attachée à l’aspect curieux ou inutile d’œuvres qui n’étaient pas souhaitables dans cet environnement, car éloignées de la simplicit...

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