Show Less
Restricted access

Un dénuement fastueux

Les œuvres d’art dans les chartreuses médiévales

Series:

Cristina Dagalita

En 1385, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi fonde la chartreuse de Champmol, près de Dijon. Les œuvres somptueuses réalisées pour ce monastère reflètent-elles la spiritualité des chartreux ? Cet ouvrage propose un regard transversal sur l’art produit pour les moines chartreux au cours du Moyen Âge. Il analyse la manière dont ceux-ci envisageaient la création artistique, d’après le témoignage de leurs textes normatifs ou mystiques. Peut-on dire qu’il y a eu un « art chartreux » ? La présent livre explore les mécanismes de la commande artistique en se plaçant du point de vue d’un ordre placé sous le sceau de l’austérité, mais destinataire de nombreuses œuvres d’art.

Show Summary Details
Restricted access

Conclusion de la deuxième partie

Extract



De nombreuses corrélations rapprochent les trois chartreuses auxquelles cette partie a été consacrée, bien qu’elles aient vu le jour à des époques ou dans des pays différents. Tant parmi elles, cependant, qu’entre tous les monastères de l’ordre, la fondation de Vauvert se distingue, à juste titre. Cette première chartreuse périurbaine, due à une initiative royale, a été très tôt protégée par l’entourage du souverain et, en définitive, par les habitants de la ville. C’est ici que les chartreux purent établir les modalités d’une proximité avec le siècle, et que, d’autre part, les laïcs furent à même de l’apprécier. De ce fait, le chantier de Vauvert ne présente pas le caractère homogène de ceux de Champmol ou de Miraflores, mais, par son existence, il les rend possibles. Plus que de simplement raviver le souvenir de l’acte de Saint Louis, les premiers Valois manifestèrent envers les moines-­ermites un attachement particulier. Philippe VI et ses petits-­fils, Charles V et Jean de Berry, dotèrent les maisons de Paris, de Bourgfontaine et du Liget, tandis que Philippe le Hardi choisit pour demeure éternelle – qui, en fin de compte, fut aussi celle de ses descendants, Jean sans Peur et Philippe le Bon –, la chartreuse qu’il éleva près du chef-­lieu de sa principauté.

Plusieurs conditions étaient réunies pour faire de ce monastère le meilleur terrain pour l’étude de l’art...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.