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Déracinés, exilés, rapatriés?

Fins d’empires coloniaux et migrations

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Edited By Olivier Dard and Anne Dulphy

Déracinés, exilés, rapatriés, ces trois termes sont des marqueurs importants de la mémoire collective dans la France du second vingtième siècle où ils sont particulièrement associés à la fin de l’empire colonial français. Nombre d’images, comme la photographie illustrant ce livre, ont marqué les esprits. Pourtant, pour emblématique qu’il soit, le cas des centaines de milliers de rapatriés d’Algérie de l’été 1962 est loin d’être unique. Cet ouvrage aborde ainsi nombre de migrations consécutives à la fin des empires coloniaux. Privilégiée jusqu’ici, l’échelle nationale – les anciennes métropoles vers lesquelles se sont dirigés les flux formés des « rapatriés » d’origine européenne mais aussi, dans une moindre mesure, de populations dites à l’époque « indigènes » – n’y est pas la seule prise en compte. Car ces « déracinés » ont pu opter pour d’autres pays européens, l’Espagne comme l’Italie, ou gagner les Amériques pour s’installer au Canada ou en Argentine. C’est donc au prisme d’une perspective comparative et transnationale que sont prises en compte les fins d’empire et le sort, fort divers, des populations qu’elles concernent.

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Morgane Delaunay: La fin de l’empire colonial portugais : le processus d’intégration des retornados au Portugal (1975–2018)

La fin de l’empire colonial portugais : le

processus d’intégration des retornados au

Portugal (1975–2018)

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Morgane Delaunay

Université Rennes 2 (Arènes) / ISCTE-IUL (CIES)

A la suite de la Révolution des Œillets du 25 avril 1974, qui mit fin au régime salazariste en place au Portugal depuis 1926, le processus de démocratisation du pays et, simultanément, le processus de décolonisation des territoires africains qui se trouvaient alors sous domination portugaise s’amorcèrent. Une des conséquences de ce processus, qui culmina avec l’indépendance de ces anciennes colonies, fut l’arrivée au Portugal de près d’un demi-million de Portugais, provenant pour la grande majorité d’Angola et du Mozambique.

Communément appelés les retornados, un grand nombre d’entre eux arriva au cours de l’été 1975, par le biais d’un pont aérien organisé par les autorités portugaises entre l’Angola et le Portugal, face à la détérioration de la situation dans ce territoire. Au cours de la phase la plus aiguë du rapatriement, une moyenne de 7 000 personnes arrivait chaque jour à l’aéroport de Lisbonne.

Dans un contexte marqué par une grande instabilité politique et sociale, ainsi que par une forte crise économique, ce phénomène migratoire représenta un défi supplémentaire pour l’État portugais qui dut penser et mettre en place un ensemble de politiques afin d’accueillir, de loger et de (ré)intégrer économiquement ces migrants nationaux.

Cette contribution a pour objectif de présenter la population rapatriée...

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