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Traces et ratures de la mémoire juive dans le récit contemporain

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Edited By Valentina Litvan and Claire Placial

Ce volume collectif propose une étude comparative sur les traces de la judéité dans la littérature contemporaine. La question initiale est d’explorer en quoi le récit littéraire peut continuer à transmettre une mémoire juive et de quelle mémoire il s’agit. En effet, il interroge la place d’une mémoire juive qui tout en étant historique et collective s’exprime dans les différentes écritures comme étant ancestrale et transmise de multiples façons, notamment à travers l’intertextualité et les livres.

Bien qu’il s’agisse de proposer des lectures de textes littéraires, les approches sont donc interdisciplinaires : on y trouve autant de la sociologie littéraire que de l’histoire littéraire, de la traduction ou encore de la philosophie politique…

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Entre traces et ratures. La place ambivalente de l’Allemagne dans les récits de vie de Gershom Scholem

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Dans une lettre au philosophe Leo Strauss, spécialiste de la pensée libérale, Gershom Scholem (1897–1982), professeur de mystique juive à l’Uni-versité hébraïque de Jérusalem, loue l’essai autobiographique dont il fait précéder l’édition américaine de son ouvrage sur Spinoza. Il le compare à la démarche autobiographique de « la plupart des Juifs allemands » qu’il qualifie de « choses ineptes. »1 Il annonce dans cette lettre de décembre 1962 son propre projet autobiographique, dont on peut dater la naissance de ce moment où il entame un questionnement sur la relation des Juifs à l’Allemagne dans la période qui précède l’arrivée au pouvoir des nazis et qui aboutira aux deux versions de son autobiographie, la première, parue en allemand en 1977 et la seconde, parue en hébreu l’année de sa mort en 19822.

Derrière ce qui est souvent perçu par les lecteurs de Scholem comme une critique virulente et monolithique de l’idée de « symbiose judéo-al-lemande », de l’idée donc qu’il y aurait eu une relation intellectuelle et culturelle productive entre Juifs et Allemands jusqu’en 1933, qui aurait connu une fin brutale à l’arrivée au pouvoir des nazis, il est possible de retracer un arc réflexif qui dessine l’évolution complexe du rapport de Scholem à l’Allemagne. En effet, ce dernier ne rompt jamais tout à fait avec le pays qu’il a quitté en 1923 pour la Palestine mandataire, il ne cesse...

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