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les commissions d’historiens dans les processus de rapprochement (Pologne-Allemagne, Pologne-Russie)

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Emmanuelle Hébert

Cet ouvrage analyse le travail des commissions d’historiens dans les processus de rapprochement en Pologne. Deux d’entre elles sont privilégiées : la commission polono-allemande portant sur les manuels scolaires et le groupe polono-russe sur les questions difficiles. Cette étude se fonde sur deux sources principales : une série d’entretiens et des recherches dans les archives, auxquelles s’ajoutent des ressources complémentaires : observations participantes et analyse de discours politiques, de sondages et de la presse. Le dialogue sur l’histoire auquel d’aucuns font appel correspond tout à fait à ce qui est demandé aux commissions d’historiens. Dès lors, pourquoi ces commissions ont-elles été créées ? Comment fonctionnent-elles et pourquoi continuent-elles de fonctionner ? Nous formons les hypothèses que, premièrement, ces commissions ont été créées dans un objectif de rapprochement, voire de réconciliation. Deuxièmement, leur fonctionnement — et sa prolongation — dépend de trois variables : le contexte, les mandats, les acteurs.

Cet ouvrage s’articule en cinq axes. Les trois premières parties portent sur chacune des trois variables évoquées : contexte, mandats, acteurs. La quatrième partie concerne les sphères d’influence de ces commissions et les débats qu’elles engendrent : politique et religion, débats publics, débats scientifiques. La dernière partie se concentre sur les projets de ces commissions : l’ouvrage commun ou les centres de dialogue du côté polono-russe, le manuel commun d’histoire du côté polono-allemand. Au travers de toutes ces pratiques, les commissions d’historiens cherchent, dans le cadre de la transformation des conflits, à réconcilier par l’histoire, c’est du moins l’un des arguments défendus dans cet ouvrage.

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Chapitre 2. Procédures

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Les procédures qui régissent le fonctionnement des commissions restent faiblement formalisées. Peu de règles écrites existent. Un document sert de base à la commission polono-allemande, mais il n’existe pas d’équivalent dans le processus polono-russe.

Les initiateurs des commissions veulent favoriser un fonctionnement fluide des échanges. C’est pourquoi ils cherchent à limiter au maximum les procédures officielles figées, malgré le rôle parfois diplomatique des commissions250. Les principales règles figurent dans les premiers documents discutés par les commissions. Pour ce qui est de la commission polono-allemande, celles-ci sont présentes dans l’accord signé par les deux co-présidents le 17 octobre 1972 à Brunswick251.

Les experts polonais et allemands se réunissent en février, en avril et en septembre 1972, avant de procéder à la signature de l’accord bilatéral portant sur la création de la commission le 17 octobre 1972. Dix-sept recommandations sont alors déjà rédigées : quatorze dès la première rencontre du 22 au 26 février à Varsovie, auxquelles s’ajoutent trois autres lors de la seconde séance du 11 au 16 avril à Brunswick252. Le document n’a pu émerger ←178 | 179→qu’à la fin de l’année 1972 car les deux États ont ratifié le traité de Varsovie du 7 décembre 1970, respectivement les 17 (RFA) et 26 mai 1972 (PRL). Le ministère des Affaires étrangères polonais donne spécialement le pouvoir à W. Markiewicz, vice-président du comité polonais aupr...

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