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les commissions d’historiens dans les processus de rapprochement (Pologne-Allemagne, Pologne-Russie)

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Emmanuelle Hébert

Cet ouvrage analyse le travail des commissions d’historiens dans les processus de rapprochement en Pologne. Deux d’entre elles sont privilégiées : la commission polono-allemande portant sur les manuels scolaires et le groupe polono-russe sur les questions difficiles. Cette étude se fonde sur deux sources principales : une série d’entretiens et des recherches dans les archives, auxquelles s’ajoutent des ressources complémentaires : observations participantes et analyse de discours politiques, de sondages et de la presse. Le dialogue sur l’histoire auquel d’aucuns font appel correspond tout à fait à ce qui est demandé aux commissions d’historiens. Dès lors, pourquoi ces commissions ont-elles été créées ? Comment fonctionnent-elles et pourquoi continuent-elles de fonctionner ? Nous formons les hypothèses que, premièrement, ces commissions ont été créées dans un objectif de rapprochement, voire de réconciliation. Deuxièmement, leur fonctionnement — et sa prolongation — dépend de trois variables : le contexte, les mandats, les acteurs.

Cet ouvrage s’articule en cinq axes. Les trois premières parties portent sur chacune des trois variables évoquées : contexte, mandats, acteurs. La quatrième partie concerne les sphères d’influence de ces commissions et les débats qu’elles engendrent : politique et religion, débats publics, débats scientifiques. La dernière partie se concentre sur les projets de ces commissions : l’ouvrage commun ou les centres de dialogue du côté polono-russe, le manuel commun d’histoire du côté polono-allemand. Au travers de toutes ces pratiques, les commissions d’historiens cherchent, dans le cadre de la transformation des conflits, à réconcilier par l’histoire, c’est du moins l’un des arguments défendus dans cet ouvrage.

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Chapitre 1. Les productions polono-russes

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L’engagement du groupe polono-russe, dans sa version de 2008, se manifeste principalement dans la concrétisation de deux projets : un ouvrage en commun, paru en 2010 et la mise sur pied de centres de dialogue. Le livre Białe plamy reflète la volonté de discuter de l’histoire dans un souci d’évacuer celle-ci des débats de politique actuelle2.

Le groupe polono-russe organise, dans ses premières années, tout son travail autour de la préparation d’un ouvrage en commun entre les deux pays. Il aborde seize sujets de l’histoire controversée depuis 1918.

Au départ, quinze thèmes sont retenus pour les travaux du groupe. Il s’agit des « sujets les plus chauds entre la Pologne et la Russie jusqu’à la fin de 2008 »3. Les co-présidents présentent d’abord chacun de leur côté leurs attentes à propos du travail et du programme du groupe, puis adoptent une position commune4. Les membres du groupe ont de grandes difficultés à trouver un terrain d’entente sur la définition, le nombre et le contenu des sujets à traiter5. Les Russes refusent ainsi de débattre d’Augustów6. Le pacte Ribbentrop-Molotov ne fait pas ←391 | 392→l’objet d’un chapitre spécifique dans le livre. Une conférence spéciale est organisée au Château royal de Varsovie en 2009 à l’occasion du soixante-dixième anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale7. Cette conférence se conclut par la publication d’un ouvrage commun coordonné par...

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