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L’image du Soi

Fichte – Feuerbach – Althusser

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Luc Vincenti

Ce livre sur l’identité personnelle se distingue des recherches contemporaines par la présentation des racines de la conscience de soi dans les philosophies modernes de la réflexion et de la subjectivité. Le Soi, comme acte réflexif, est rapproché de l’image laquelle est constituée par le rapport entre ses éléments. Définir la conscience de soi en termes d’image conduit vers la philosophie tardive de Fichte, mais aussi vers Feuerbach qui définit l’essence humaine comme projection d’une image, et vers Althusser reprenant le redoublement spéculaire dans sa critique de l’idéologie. La filiation des trois auteurs n’a jamais été étudiée, on la trouve entre autres dans le dépassement de l’individu ou la dimension universelle de la conscience de soi. Ce parcours permet ainsi de comprendre comment par la défense de l’humanisme pratique et l’inévitable part de l’imaginaire idéologique dans l’engagement social, Althusser rejoint Fichte en refusant la réification de l’idéal au profit d’un dynamisme expliquant et enveloppant l’action morale et politique.

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Introduction

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La première partie du titre – l’image du Soi – évoque de nombreux échos en philosophie contemporaine. Il ne sera pourtant pas question ici des recherches anglo-saxonnes menées depuis le milieu du siècle dernier1. L’orientation de cet essai est différente, ne pensant pas le Soi sur le mode de la permanence de chose, et ne supposant donc pas un quelque chose auquel se rapporter. Il s’agit ici de privilégier « l’ipséité » sur la « mêmeté », pour reprendre la distinction de P. Ricœur2 : « L’identité au sens d’ipse n’implique aucune assertion concernant un prétendu noyau non changeant de la personnalité »3. Entre la réflexivité de l’ipse et la mêmeté de la chose, je chercherai le Soi du côté de l’acte réflexif, distinct de la chose comme le cogito peut l’être de la substance pensante.

Il faut souligner que cette distinction, entre chose et acte, ne se situe pas entre une permanence physique et une activité mentale : la permanence de la substance peut concerner aussi bien un corps qu’une âme, et c’est la substance, aussi bien physique que spirituelle, qui est opposée à l’acte. Dans le domaine de l’esprit, la mêmeté est représentée par la permanence d’une identité intemporelle, âme ou personnalité, alors que pour l’acte il faut penser à un dynamisme, un mouvement.←9 | 10→

Ce mouvement est ici le retour sur soi de la réflexion, et c’est ce retour sur Soi qui constitue le...

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