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L’image du Soi

Fichte – Feuerbach – Althusser

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Luc Vincenti

Ce livre sur l’identité personnelle se distingue des recherches contemporaines par la présentation des racines de la conscience de soi dans les philosophies modernes de la réflexion et de la subjectivité. Le Soi, comme acte réflexif, est rapproché de l’image laquelle est constituée par le rapport entre ses éléments. Définir la conscience de soi en termes d’image conduit vers la philosophie tardive de Fichte, mais aussi vers Feuerbach qui définit l’essence humaine comme projection d’une image, et vers Althusser reprenant le redoublement spéculaire dans sa critique de l’idéologie. La filiation des trois auteurs n’a jamais été étudiée, on la trouve entre autres dans le dépassement de l’individu ou la dimension universelle de la conscience de soi. Ce parcours permet ainsi de comprendre comment par la défense de l’humanisme pratique et l’inévitable part de l’imaginaire idéologique dans l’engagement social, Althusser rejoint Fichte en refusant la réification de l’idéal au profit d’un dynamisme expliquant et enveloppant l’action morale et politique.

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Conclusion

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A contrario du caractère indéracinable du sujet, la question de sa transformation, de sa mobilité, et de son adaptation ou de sa révolte nous renvoie vers la dynamique de sa constitution, moment où le temps logique de l’interpellation se superpose avec le temps chronologique de l’action.

Du fait que l’on soit toujours déjà sujet, et donc toujours habité par un imaginaire idéologique, Althusser développe cette figure d’une idéologie fondée sur une science, d’un imaginaire juste en quelque sorte, adapté à l’action qu’il accompagne, à la transformation de sa réalité, en retrouvant alors le sens de la justesse déterminé dans la Philosophie spontanée des savants. En société communiste, la tâche de l’idéologie devient, après avoir suscité l’engagement, plutôt une tâche éducative410. En ce sens l’imaginaire idéologique n’est plus d’abord illusoire ni trompeur. Dans cette élaboration d’une contre-idéologie ou d’une idéologie révolutionnaire, on est encore proche du geste feuerbachien, celui qui nous conduit non à récuser l’objet imaginaire mais à changer d’objet411, à projeter non plus l’image de Dieu mais celle d’un homme vrai, idéal moteur qui n’est pas si loin des figures de l’humanisme socialiste une fois destituée de leur statut scientifique. Lorsque Feuerbach changeait d’objet, en dévoilant la nature anthropologique de la religion et en substituant l’homme à Dieu, il pensait passer du faux au vrai et ne pensait nullement remplacer un imaginaire par un autre. Une fois pos...

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