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Vous avez dit littérature belge francophone?

Le défi de la traduction

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Edited By Catherine Gravet and Katrien Lievois

La littérature belge francophone constitue un vaste corpus de textes, liés à une langue et, si pas à une « nation », du moins à une aire géographico-sociale donnée. À propos de toutes les traductions des œuvres d’auteurs belges francophones et de leurs conditions de production l’on peut s’interroger : quelles œuvres, quels auteurs sont privilégiés et pourquoi, comment les textes sont-ils traduits et pour qui, par quelles maisons d’édition les traductions sont-elles publiées ? Quelle est la réception critique et l’influence de ces traductions sur la littérature dans la culture d’accueil ? Ce volume rassemble les points de vue de seize chercheurs venus d’horizons différents sur ces traductions d’œuvres écrites par des Belges, quels que soient le genre (littéraire mais aussi sexuel), la langue d’arrivée ou l’époque, autant de facteurs qui les conditionnent.

Avec des contributions de : Catherine Gravet, Katrien Lievois, Maria Baïraktary, Thomas Barège, André Bénit, Mireille Brémond, Béatrice Costa, Juan Miguel Dothas, Marie Fortunati, Claudio Grimaldi, Stéphane Hirschi, Irena Kristeva, Rodica Lascu-Pop Sündüz Öztürk-Kasar, Maria Giovanna Petrillo, Thea Rimini, Fanny Sofronidou et Anja van de Pol-Tegge.

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Diffusion et traductions de l’œuvre de Marguerite Yourcenar en Espagne. Le cas de L’Œuvre au Noir.: André Bénit

ANDRÉ BÉNIT

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Universidad Autónoma de Madrid

Curieusement, alors même que plusieurs de ses romans furent traduits en langue espagnole peu de temps après leur parution en français, ce n’est qu’assez tardivement que les lecteurs de la péninsule ibérique se passionnèrent pour l’œuvre de Marguerite Yourcenar et lui réservèrent un accueil enthousiaste.

Le premier roman de Yourcenar traduit en espagnol est Mémoires d’Hadrien (1951), par l’écrivain argentin Julio Cortázar, en 1955, soit quatre ans seulement après sa parution en français, sous le titre de Memorias de Adriano. Publiée à Buenos Aires par la maison d’édition Sudamericana, cette traduction reçut un accueil fort discret malgré la qualité du travail effectué – à tel point qu’elle reste aujourd’hui une référence indiscutable dans le monde hispanique (Benoit, 2010, p. 112)1. Il est vrai qu’en 1955, Cortázar n’était pas encore le célèbre écrivain qu’il deviendrait quelques années plus tard, notamment après la parution de Rayuela (1963). La deuxième œuvre de Yourcenar à avoir été traduite ←267 | 268→en espagnol fut Le Coup de grâce (1939), sous le titre El tiro de gracia, en 1960 par le critique et traducteur argentin Hernán Mario Cueva et publiée, également à Buenos Aires, par la Compañía general Fabril Editora, mais sans davantage de fortune.

Il faudra attendre une décennie complète – l’année 1970 – pour que soit...

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