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De Kleist à Döblin

Littérature, Histoire, Politique

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Michel Vanoosthuyse

Cet ouvrage réunit des études sur la littérature de langue allemande écrite à l’orée du romantisme jusqu’au XXe siècle. Le but est d’explorer les rapports complexes entre le texte littéraire de fiction et l’Histoire. Quelques études, moins centrées sur la thématique historique, envisagent le travail littéraire dans sa dimension d’identification et d’interrogation du sujet sur lui-même. Mais quelle que soit la thématique, le texte de fiction est ici compris comme un acte, un processus singulier de connaissance. Aucune différence d’approche n’existe dès lors entre des œuvres définies, par exemple, comme des processus compliqués d’affranchissement des idées révolutionnaires françaises et des textes interprétés comme des quêtes de solution aux problèmes personnels posés par la vie.

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Folie française ou démence populaire ?: Visions bismarckiennes de la Révolution française

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Deux mois après la victoire de Sedan, Julian Schmidt, une des têtes pensantes des nationaux-libéraux allemands, coéditeur, avec Gustav Freytag, de leur organe influent, les Grenzboten, n’hésite pas à qualifier la guerre encore inachevée mais à l’issue désormais certaine d’« un des grands tournants de l’humanité » (J. Schmidt, Grenzboten, 1871, p. 434). C’est, explique-t-il, qu’elle sonne le glas d’une duperie idéologique : la supériorité des « idées françaises » nées de la Révolution, « surestimée sans nul doute par l’ensemble des contemporains » (ibid., p. 435). Le résultat de la bataille a tranché : « Le monde entier a appris au cours de cette guerre que la nation française le cède à l’allemande, aussi bien en énergie individuelle qu’en formation morale, politique et militaire » (ibid., p. 438). 1870, ce ne sont pas seulement des territoires conquis, c’est aussi la fin d’une humiliation culturelle et, pour le bourgeois rallié à Bismarck et à la solution « kleindeutsch », la justification a posteriori d’une évolution commencée après 1848.

Les textes de Schmidt de cette époque sont cependant travaillés par une sourde inquiétude : et si une rechute était possible ? Sans doute le temps où tout libéral donnait dans la rêverie révolutionnaire semble maintenant appartenir au passé, mais « les guerres de libération » antinapoléoniennes ont-elles empêché la « Jeune Allemagne » de succomber derechef au charme des Jacobins ? Il y a des morts qui ont la vie dure. C’est pourquoi, écrit Schmidt,...

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