Show Less
Restricted access

Histoires de dire

Petit glossaire des marqueurs formés sur le verbe « dire »

Series:

Laurence Rouanne and Jean-Claude Anscombre

Cet ouvrage se propose de fournir à la fois un recensement et une étude linguistique des expressions du français formés sur le verbe dire, ainsi que à ce qu’on dit, cela va sans dire, si on peut dire, comme on dit, etc. Ces marqueurs discursifs se caractérisent par une fonction épilinguistique : ils servent en bref à indiquer l’attitude adoptée face à une représentation de la réalité. Ce premier volume en étudie une quarantaine (il en existe plus de cent trente), chaque auteur se chargeant de l’analyse de deux à cinq marqueurs. Il s’agit donc à la fois d'un dictionnaire comportant une présentation des différentes valeurs identifiées pour chaque marqueur, au travers d’exemples tirés de corpus oraux et écrits, et d’autre part d'un ouvrage théorique abordant les propriétés syntaxiques, sémantiques et pragmatiques propres à chacun d’entre eux.

Les étudiants de langue de niveau supérieur (écoles d’interprétariat et/ou de langues) trouveront d’utiles renseignements dans la partie descriptive, et les linguistes confirmés pourront consulter la partie proprement théorique. Une introduction et la liste alphabétique des marqueurs formés sur le verbe dire complètent l’ensemble.

Show Summary Details
Restricted access

Entre syntaxe et interprétation de dire : les exclamatives et dire que ! ; que n’a-t-on pas dit ! ; qu’est-ce que tu veux que je te dise ! ; qu’est-ce que je te disais ! ; quand je te le disais !

Extract



CHRISTIANE MARQUE-PUCHEU Université Paris-Sorbonne EA 4089, Sens, Texte, Informatique, Histoire

Introduction

Le point de départ est le non-dit dans les exclamatives comme dans Il a un culot ! : une prosodie spécifique rend acceptable une séquence qui sinon serait syntaxiquement anomale, i.e. prononcée Il a un culot comme Il a un frère, alors que l’adjonction d’un modifieur la rendrait acceptable (Il a un culot incroyable.). Le non-dit serait par exemple incroyable (Le Goffic 1994 : 128)1. Certains marqueurs de discours en dire illustrent ce type d’incomplétude : ainsi, la principale (rétablie entre parenthèses) est presque toujours absente dans Quand je te le disais (je disais vrai / tu ne m’écoutais pas) ou dans Et dire qu’il est mort, (c’est incroyable !). Si le caractère exclamatif n’est pas nécessairement complémentaire d’une anomalie syntaxique, il est associé à une incomplétude morphologique, sémantique ou interactionnelle : morphologique dans Et dire que ! où dire est à l’infinitif, i.e. à un mode non conjugué ; sémantique dans Que n’a-t-on pas dit ! où le pronom interrogatif que n’a pas de référent précis puisque l’on peut répondre tout. L’interprétation globale est qu’il s’agit de discours erronés, mais on ne sait pas lesquels exactement. Même si l’on reconstituait la structure complète Que… comme N, ← 205 | 206 → il faudrait définir cette classe sémantique de N (idioties, etc.) ou de N Adj (choses fausses, etc.) :

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.