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Histoires de dire

Petit glossaire des marqueurs formés sur le verbe « dire »

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Laurence Rouanne and Jean-Claude Anscombre

Cet ouvrage se propose de fournir à la fois un recensement et une étude linguistique des expressions du français formés sur le verbe dire, ainsi que à ce qu’on dit, cela va sans dire, si on peut dire, comme on dit, etc. Ces marqueurs discursifs se caractérisent par une fonction épilinguistique : ils servent en bref à indiquer l’attitude adoptée face à une représentation de la réalité. Ce premier volume en étudie une quarantaine (il en existe plus de cent trente), chaque auteur se chargeant de l’analyse de deux à cinq marqueurs. Il s’agit donc à la fois d'un dictionnaire comportant une présentation des différentes valeurs identifiées pour chaque marqueur, au travers d’exemples tirés de corpus oraux et écrits, et d’autre part d'un ouvrage théorique abordant les propriétés syntaxiques, sémantiques et pragmatiques propres à chacun d’entre eux.

Les étudiants de langue de niveau supérieur (écoles d’interprétariat et/ou de langues) trouveront d’utiles renseignements dans la partie descriptive, et les linguistes confirmés pourront consulter la partie proprement théorique. Une introduction et la liste alphabétique des marqueurs formés sur le verbe dire complètent l’ensemble.

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Des effets d’intensification attachés aux formules : Je vous dis pas, C’est dire (si), Y’a pas à dire, Que dis-je, Tu peux le dire

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LAURENT PERRIN Université de Paris-Est Créteil, Céditec, EA 3119

1. Introduction

La parenté des formules réunies dans le titre de cette étude tient à leurs effets d’intensification. Elles ont pour vocation commune de déterminer le haut degré d’intensité de ce que représente le contenu d’un énoncé dont elles modalisent l’énonciation. Ces formules n’ont de sens que si ce contenu représente un état de chose graduel, dont elles déterminent le haut degré. Ainsi les énoncés comme : C’est grand (ou petit), je vous dis pas ; C’est dire si c’est beau ; Il n’y a pas à dire (ou Tu peux le dire), ça fait plaisir… sont généralement compatibles avec un adverbe du haut degré d’intensité comme très, vraiment, énormément, mais pas avec un adverbe atténuateur comme assez, plutôt, un peu. Sauf effet rhétorique de litote ironique sur l’atténuateur, les constructions comme : Ça fait *assez plaisir, je vous dis pas ; C’est dire si il est *plutôt grand ; Il n’y a pas à dire (ou Tu peux le dire), il a *un peu bu… ne sont pas recevables. Que dis-je impose quant à lui un effet de reprise autocorrective de haut degré (Que dis-je un peu ? Il a beaucoup bu ; Que dis-je il est grand ? Il est immense). Les constructions inverses (Que dis-je il est immense ? Il est *grand) ne seraient pas recevables.

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