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Histoires de dire

Petit glossaire des marqueurs formés sur le verbe « dire »

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Laurence Rouanne and Jean-Claude Anscombre

Cet ouvrage se propose de fournir à la fois un recensement et une étude linguistique des expressions du français formés sur le verbe dire, ainsi que à ce qu’on dit, cela va sans dire, si on peut dire, comme on dit, etc. Ces marqueurs discursifs se caractérisent par une fonction épilinguistique : ils servent en bref à indiquer l’attitude adoptée face à une représentation de la réalité. Ce premier volume en étudie une quarantaine (il en existe plus de cent trente), chaque auteur se chargeant de l’analyse de deux à cinq marqueurs. Il s’agit donc à la fois d'un dictionnaire comportant une présentation des différentes valeurs identifiées pour chaque marqueur, au travers d’exemples tirés de corpus oraux et écrits, et d’autre part d'un ouvrage théorique abordant les propriétés syntaxiques, sémantiques et pragmatiques propres à chacun d’entre eux.

Les étudiants de langue de niveau supérieur (écoles d’interprétariat et/ou de langues) trouveront d’utiles renseignements dans la partie descriptive, et les linguistes confirmés pourront consulter la partie proprement théorique. Une introduction et la liste alphabétique des marqueurs formés sur le verbe dire complètent l’ensemble.

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À la recherche du consensus : on va dire, on va dire ça, on va dire ça comme ça

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AGNÈS STEUCKARDT Université Paul-Valéry, Montpellier

1. Introduction

« Mettre des on va dire partout, c’est surtout pratique pour meubler des conversations. Et parfois, ça permet d’éviter des euh interminables ; mais quand on veut dire quelque chose, on peut très bien le dire sans préciser explicitement qu’on va le dire. Signalons encore la variante on va dire ça comme ça »1. On va dire et ses « variantes » on va dire ça, on va dire ça comme ça ne servent-il qu’à « meubler les conversations » ? Comme souvent, l’émergence d’un nouveau marqueur discursif suscite l’agacement des chroniqueurs de langue et l’intérêt des linguistes, qui ne manquent pas de débusquer dans l’insupportable tic de langage de subtiles valeurs sémantico-pragmatiques. Depuis 2010, quatre enquêtes linguistiques ont exploré l’installation de ce nouveau venu dans la famille des marqueurs discursifs : deux se fondaient exclusivement sur des corpus oraux (Lansari, 2010 ; Labeau 2012), deux autres (Kuyumkuyan 2008 ; Steuckardt 2014) intégraient les usages écrits (traditionnels et numériques). En nous appuyant sur ces premières enquêtes et en les complétant par de nouvelles données2, nous proposons de faire un point d’étape sur l’usage actuel de on va dire et de ses variantes. ← 293 | 294 →

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