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Jardins littéraires et méditerranéens

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Encarnación Medina Arjona, Ouidad Tebbaa and Marlène Bouzin

Le jardin est l’espace le plus représentatif de la frontière entre l’homme et la nature où s’intègrent les éléments réels et imaginaires choisis par le savoir-faire des humains pour créer un objet de beauté. Il s’agit d’un lieu social s’offrant à l’artiste comme espace de lecture du monde. S’approprier à la fois le naturel et l’artifice, les organiser d’une manière intelligible, relève d’une volonté esthétique qu’il convient de déchiffrer comme étant le langage d’un amour de la mesure, d’une condensation du savoir, étant une écriture amoureuse. La solitude du jardinier semble s’accorder à l’investissement propre à l’acte d’écriture, à la place que les hommes s’accordent dans le monde.

Les messages esthétiques que les jardins littéraires méditerranéens peuvent nous livrer évoluent au rythme des artistes. Des sources anciennes de la culture de l’hortus aux couleurs méditerranéennes chez Sorolla et Dalí, les textes de Chateaubriand, Sand, Hugo, Zola, Lorrain, Eberhardt, Siles ou García Montero rendent compte de l’expérience artistique de l’intimité et de la réflexion, de la théâtralisation, de l’exotisme et l’évasion, des expériences du corps et de la lumière dans les jardins.

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Encarnación Medina Arjona Universidad de Jaén Le jardin est sans doute l’espace le plus représentatif de la frontière entre l’homme et la nature ; une frontière poreuse, subtile, où s’intègrent les élé- ments réels et imaginaires choisis par le savoir de l’individu selon des re- pères de sa société face à la nature. Il s’agit donc d’un lieu social s’offrant à l’artiste – jardinier, écrivain, peintre, architecte paysager, etc. – comme espace d’écriture et lecture du monde. S’approprier à la fois de la nature et de l’environnement social dans les frontières d’un espace limité, organiser la condensation résultante d’une manière intelligible et jouer à écrire le monde dans la clôture d’un morceau de nature, rend compte d’une volonté esthétique et symbolique qu’il convient de déchiffrer comme étant le langage d’un amour de la me- sure, d’une condensation du savoir sur l’homme et la nature. Le patrimoine écrit est une source d’information qui permet d’accéder à la connaissance des jardins ; si en Occident, le végétal constitue l’élé- ment déterminant du jardin (verger, potager, arboretum…), ce n’est pas le cas pour la civilisation japonaise (jardins secs, de style « karesansui »1) où l’élément prédominant est la pierre, le rocher. Les œuvres littéraires montrent la dimension poétique et philosophique des jardins ainsi que leur symbolisme dans les aspirations morales et spirituelles des civilisations qui les ont fait naître. En Mésopotamie la place...

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