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Pourquoi les migrants vivent-ils plus longtemps ?

Les inégalités face à la mort en Suisse (1990–2008)

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Jonathan Zufferey

Dans les sociétés postindustrielles contemporaines, les migrants ont généralement des risques de décès inférieurs aux populations des pays d’accueil bien qu’ils soient tendanciellement plus vulnérables en raison de moindres capitaux humains, sociaux et économiques. Il s’agit là d’un véritable paradoxe épidémiologique car ces facteurs sont considérés comme les causes fondamentales des inégalités de longévité. A travers le prisme de la société suisse, cette thèse présente les dernières tendances en termes de mortalité différentielle entre les populations suisse et étrangères. Par une vision globale et compréhensive, nous mettons en exergue les particularités des populations migrantes afin d’offrir des clés d’interprétation à ce fameux paradoxe. L’étude tente d’approcher la migration dans toute sa profondeur en investiguant les différentiels en fonction de l’origine et du statut migratoire. En partant des outils de la démographie classique, en passant par des modèles de régression et des arbres d’induction, pour finir par des modèles multiniveaux exprimant des risques spatiaux, la connaissance des processus et des populations s’affermit. Au terme de ce manuscrit, nous aboutissons à une synthèse sur les principaux mécanismes explicatifs. La discussion reviendra sur deux axes clés qui expriment, selon nous, l’essentiel de l’avantage observé : des biais de sélection à l’entrée et à la sortie ainsi qu’une « culture de la migration ».

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Chapitre 4: La longévité des sous-populations

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Chapitre 4La longévité des sous-populations

Ce chapitre propose différentes analyses de mortalité au niveau des groupes. C’est d’abord par des tables de mortalité, l’outil de base de la démographie, que nous étudierons la longévité des étrangers. Les tables de mortalité ont été initialement conçues pour suivre longitudinalement une génération jusqu’à son extinction et en calculer une durée de vie moyenne. Cette approche a le défaut de nécessiter des données longitudinales longues, un suivi d’une génération de sa naissance à sa disparition. C’est pourquoi la mortalité est en général appréhendée de façon transversale lorsque l’on considère la population moyenne à un temps t et les décès survenus quelques temps avant et après. A la différence des tables longitudinales où l’on estime directement la probabilité de décès par rapport à la population soumise au risque, les tables du moment obligent l’évaluation d’un taux de mortalité – taux qu’il faudra ensuite transformer en probabilité. Les tables de mortalité transversales sont construites sur une cohorte fictive qui subit à chaque âge la mortalité du moment et sur laquelle est estimée une durée moyenne de vie. La dernière configuration est celle d’une cohorte de population à un temps t qui est suivie longitudinalement jusqu’à l’instant t + n. S’il s’agit d’une population fermée, nous pouvons directement calculer, pour chaque année de suivi, les probabilités de déc...

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