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Pourquoi les migrants vivent-ils plus longtemps ?

Les inégalités face à la mort en Suisse (1990–2008)

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Jonathan Zufferey

Dans les sociétés postindustrielles contemporaines, les migrants ont généralement des risques de décès inférieurs aux populations des pays d’accueil bien qu’ils soient tendanciellement plus vulnérables en raison de moindres capitaux humains, sociaux et économiques. Il s’agit là d’un véritable paradoxe épidémiologique car ces facteurs sont considérés comme les causes fondamentales des inégalités de longévité. A travers le prisme de la société suisse, cette thèse présente les dernières tendances en termes de mortalité différentielle entre les populations suisse et étrangères. Par une vision globale et compréhensive, nous mettons en exergue les particularités des populations migrantes afin d’offrir des clés d’interprétation à ce fameux paradoxe. L’étude tente d’approcher la migration dans toute sa profondeur en investiguant les différentiels en fonction de l’origine et du statut migratoire. En partant des outils de la démographie classique, en passant par des modèles de régression et des arbres d’induction, pour finir par des modèles multiniveaux exprimant des risques spatiaux, la connaissance des processus et des populations s’affermit. Au terme de ce manuscrit, nous aboutissons à une synthèse sur les principaux mécanismes explicatifs. La discussion reviendra sur deux axes clés qui expriment, selon nous, l’essentiel de l’avantage observé : des biais de sélection à l’entrée et à la sortie ainsi qu’une « culture de la migration ».

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Chapitre 7: Mortalité et contexte

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Chapitre 7Mortalité et contexte

Une vaste littérature évoquant le lien entre l’environnement proche et la santé individuelle a émergé au début des années 2000 (voir essentiellement Pickett et Pearl 2001 ; Diez Roux 2001 ; Sampson et al. 2002). La recherche académique a démontré que le lieu de vie peut être une source d’inégalités car il façonne les opportunités et les moyens qui mènent à des ressources sociales, psychologiques et économiques. Il détermine ainsi le pouvoir d’agir sur sa santé (Takeuchi et al. 2010). L’environnement structure les déterminants proches individuels mais passe également à travers des mécanismes purement contextuels. Pour Ellen et al. (2001), le quartier agit d’une part à court terme en modulant les comportements et les attitudes de santé ainsi que l’utilisation du système de soins. D’autre part, l’espace de vie a une influence a plus long terme avec, pour les quartiers les plus défavorisés, un processus d’érosion de la qualité de vie ; une accumulation de stress social, un triste environnement et des ressources sociales limitées rendent peu à peu les individus plus vulnérables et affectent négativement leur état de santé.

Ce chapitre va se construire autour de deux approches, une contextuelle, l’autre spatiale. Elles répondent à deux questions de recherche distinctes. Dans un premier temps, nous évaluons l’influence de l’environnement social sur la mortalité. Dans un second temps, nous cherchons à mesurer les contours géographiques du gradient de mortalit...

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