Show Less
Restricted access

Vieillissement et classes sociales

Series:

Cornelia Hummel and Nathalie Burnay

Quelles réalités recouvre l’image, souvent uniformisante, des transformations récentes des conditions de vie des retraités ? Certes, la pauvreté a reculé chez les personnes âgées, leur état de santé s’est amélioré et la retraite ne rime plus avec exclusion sociale. Pourtant, dans les coulisses des tendances générales, d’anciennes vulnérabilités persistent et de nouvelles inégalités émergent. Mêlant contributions théoriques et empiriques, cet ouvrage porte sur un aspect largement occulté en sociologie de la vieillesse, celui des inégalités sociales dans la dernière étape du parcours de vie. Il interroge notamment les nouveaux modèles du « bien vieillir » et du « vieillissement actif » en portant l’attention sur les conditions de réalisation socialement situées de ces modèles. Il propose également un regard réflexif sur les travaux sociologiques dans le domaine du vieillissement en questionnant, du point de vue historique, leur rôle dans le processus d’invisibilisation des effets de classe dans ce champ d’étude et en montrant comment les perspectives issues des études de genre ouvrent la voie à un renouveau des analyses en terme de classes dans le cadre des approches intersectionnelles.

Show Summary Details
Restricted access

Générations, genre et classe sociale (Virginie Vinel)

Extract

← 118 | 119 →

VIRGINIE VINEL

Générations, genre et classe sociale

Représentations et pratiques du corps et de la santé de populations rurales et vieillissantes

La société française contemporaine est traversée par des normes de surveillance médicale, particulièrement appliquées aux deux pôles des âges de la vie que sont l’enfance et la vieillesse (Armstrong, 1995 ; Lafontaine, 2010 ; Turmel, 2013). « Bien vieillir » est un enjeu politique européen et national bien ancré, basé sur des représentations normatives liées au maintien d’une activité, à une alimentation équilibrée et à une veille sur le corps pour dépister en amont toute trace de maladie1. Cette politique construite autour d’une vision biomédicale du vieillissement est omniprésente dans l’espace public, transmise autant par les professionnels de santé et du social que par les médias. L’impératif du vieillir jeune et en bonne santé (Gestin, 2001) distingue alors la « vieillesse réussie » de la vieillesse « dépendante » (Ennuyer, 2013). Or, cette normalisation de la gestion des corps et des vies vieillissantes se trouve en confrontation avec les normes et les pratiques des populations nées à des époques et dans des catégories sociales où l’attention à soi n’avait pas la même signification que celles produites par les politiques biomédicales. Tout le processus de définition d’un état nécessitant l’intervention médicale est intégré à des dimensions sociales qui mobilisent des cultures somatiques de classe...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.