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Quel espace pour quel théâtre ?

Approche croisée des dramaturgies française et hispanique (XVIe–XXe siècles)

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Edited By Isabel Ibáñez and Hélène Laplace-Claverie

Le présent ouvrage compare différents traitements de l’espace dramatique et scénique selon une logique diachronique, tout en confrontant deux sphères culturelles à la fois proches et distinctes, voisines et rivales. Il s’appuie sur un corpus « canonique » qui, tout au long d'une période allant du XVIe au XXe siècle, érige progressivement en norme un espace théâtral sémiotisé et ce, en France comme en Espagne. Le théâtre, media de masse efficace, contrôlé quoique intrinsèquement incontrôlable, fut une préoccupation constante pour les pouvoirs publics des deux côtés des Pyrénées. Sur la scène et à sa périphérie gravitent des enjeux sociétaux et politiques fondamentaux pour deux jeunes nations européennes.

Les textes réunis abordent ces questions autour de deux pôles temporellement et esthétiquement opposés : celui de la genèse d'un espace théâtral en voie de normalisation (XVIe–XVIIe siècles) et celui de la consolidation mais aussi de la remise en cause – à travers la notion de hors-scène – du modèle aristotélicien (XIXeXXe siècles).

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« Quitter son fauteuil » : les profondeurs de l’espace dans les Comédies et proverbes d’Alfred de Musset (Esther Pinon)

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Esther Pinon

HCTI (Université de Bretagne occidentale) et CÉRÉdi (Université de Rouen)

« Quitter son fauteuil » : les profondeurs de l’espace dans les Comédies et proverbes d’Alfred de Musset

Parce que Musset a posé en tête d’À quoi rêvent les jeunes filles une didascalie désinvolte : « La scène est où l’on voudra1 », on a souvent conclu que la scène de ses drames, plus encore que celle du Soulier de satin, était « le monde2 », que les frontières y tombaient, et avec elles la distinction de la scène et du hors-scène. Il n’y aurait donc pas lieu d’étudier le hors-scène dans le théâtre de Musset, parce que ses pièces, écrites pour être lues et donc affranchies des contraintes matérielles de la représentation, reposeraient sur une conception non dramatique de l’espace – c’est ce qui a notamment conduit Georges Zaragoza à exclure le théâtre de Musset de son étude de l’espace dans le théâtre romantique européen3. L’espace y serait uniquement un espace intérieur, que l’on←129 | 130→ voit « sans quitter son fauteuil4 » et le coin du feu. Les études théoriques et l’expérience de la mise en scène ont pourtant montré que le théâtre de Musset, Un spectacle dans un fauteuil inclus, était éminemment dramatique : à propos de la mise en scène des Caprices de Marianne par Gaston Baty en 1836, Sylvain Ledda souligne « le paradoxe de ce...

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