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Ferdinand Raimund et le renouvellement de la féerie viennoise

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Fanny Platelle

L’ouvrage étudie la manière dont Ferdinand Raimund (1790-1836) reprend et transforme les conventions de la féerie viennoise, dans le théâtre populaire viennois marqué par de fortes contraintes institutionnelles et dramaturgiques. Il analyse les changements concernant la conception des pièces (recherche d’une alliance adéquate du sérieux et du comique), l’univers surnaturel (reflet des idéaux humains et de leur ébranlement) et le personnage comique (qui devient un modèle moral). Il évalue enfin la réception de ce théâtre et son caractère « populaire ». La prise en compte des manuscrits autographes et la comparaison avec ceux de censure et de théâtre permet une nouvelle approche de l’élaboration des pièces, de leur mise en scène et de leur portée critique.

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Chapitre 4 Les Personnages Surnaturels Sérieux Et Humanisés : Des Doubles Des Protagonistes Humains

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Dans AM (1828) et V (1834) se produit une transformation structurelle de l’univers surnaturel, qui se manifeste notamment par la suppression de l’antagonisme entre bons et mauvais esprits. C’est l’homme, avec ses propriétés et ses défauts, qui est au centre de l’action. Parallèlement, le nombre de membres de la sphère supérieure diminue : alors que plus d’un tiers des personnages de MF sont des fées, esprits et magiciens, AM ne compte que trois esprits, six avec les apparitions des femmes défuntes de Rappelkopf (I, 28), qui peuvent aussi être considérées comme le produit de son imagination.

L’analyse visera à montrer que l’univers surnaturel n’est pas seulement, dans ces féeries, un reliquat du théâtre baroque, qui entrave la « modernité » de Raimund, mais que sa nature et sa fonction changent, créant un lien nouveau et original entre les deux sphères. L’univers surnaturel n’agit plus de manière souveraine dans un espace séparé du domaine terrestre, mais il est intégré à celui-ci1247. Il perd ainsi le pouvoir absolu et le caractère inacessible qu’il avait dans MZ et UK. Son intervention n’est plus la manifestation d’une divinité insondable qui détermine d’en haut le destin des hommes : elle sert tout au plus à déclencher ou à illustrer des processus psychiques, à intensifier des conflits ou à indiquer leur issue, qui relève dans tous les cas du monde humain. Mais le pouvoir des esprits ne suffit plus à préserver l’homme du...

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