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Le Locus Terribilis

Topique et expérience de l’horrible

Edited By Julian Muela Ezquerra

Les travaux critiques, peu nombreux, sur le locus terribilis ont toujours défini ce topos descriptif comme un simple contrepoint du locus amoenus exploré par H. R. Curtius. Les lieux hostiles détiennent cependant une place importante dans les textes narratifs français ou francophones, et leur fonction dépasse souvent celle de l’ inamoenitas décorative. Les études contenues dans ce volume révisent une double typologie d’espaces : d’un côté, elles analysent les mutations de certains loci « classiques » (enfer, forêt, désert, lieux d’exil …) ; de l’autre, elles montrent comment l’activité humaine redéfinit parfois (par sa seule présence ou par son intervention technique) les lieux de la fiction narrative, provoquant une nouvelle expérience de l’horrible. La hantise de l’hostile demeure donc accrochée à l’univers narratif et peut contribuer même à préciser les limites ou les clichés de certains genres littéraires.

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Le locus horribilis dans Artus de Bretagne (XIVe s.) : de l’enfer au moulin, le renouvellement d’un topos Christine FERLAMPIN-ACHER (Institut Universitaire de France, Université Rennes 2 CELLAM) 49

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CHRISTINE FERLAMPIN-ACHER Le locus horribilis dans Artus de Bretagne (XIVe s.) : de l’enfer au moulin, le renouvellement d’un topos Artus de Bretagne est un roman du début du XIVe siècle, qui, après avoir connu un assez vif succès jusqu’au XVIe siècle, attesté en particulier par les allusions qu’y font René d’Anjou ou Guillaume de Machaut, les suites qui en ont été composées, et les éditions qui en ont été données à la Renaissance, a été oublié, au point qu’il est certainement le dernier roman arthurien1 à ne pas avoir été édité depuis la version fantaisiste de Delvau au XIXe siècle2. Ce roman arthurien tardif raconte les aventures du fils du duc de Bretagne, Artus, qui finit par épouser Florence, la fille de l’empereur Emenidus, qui règne sur le royaume oriental de Sorelois, grâce à l’aide de la fée Proserpine, qui a accordé à la princesse, à sa nais- sance, le don d’être son sosie. Ce texte, comme tous les romans médié- vaux, est nourri de réécritures et conduit le lecteur d’intertexte en inter- texte tandis que le héros, au fil des aventures, accomplit son destin. Si pour les romans d’Antiquité, comme Eneas qui transpose L’Enéide au XIIe siècle, l’immersion dans les topoi latins est en partie contrainte par le rapport au texte antique qui sert de source, dans les romans arthuriens, le rapport est moins direct : c’est une œuvre médio-latine, L’Historia Regum Britaniae de Geoffroy de...

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