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Prendre la parole en L2

Regard sur la compétence d’interaction en classe de langue

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Evelyne Berger

Par quels moyens parvient-on à prendre la parole et à rebondir sur les propos d’autrui ? Comment peut-on obtenir et garder l’attention des autres participants dans un échange compétitif ? Comment manifeste-t-on une opinion divergente face à son interlocuteur ? Participer à une conversation requiert de prendre la parole au bon moment, tout en enchaînant de façon cohérente sur le fil de la discussion. Cet ouvrage examine ce phénomène auprès d’apprenants de langue seconde dans le contexte du travail en groupe. La recherche se base sur un corpus d’interactions authentiques enregistrées en classe de français L2, à l’école secondaire obligatoire en Suisse. Elle identifie les ressources linguistiques, prosodiques et non-verbales servant à la prise de parole. Les pratiques décrites témoignent d’une compétence d’interaction en développement. L’ouvrage offre également un tableau détaillé des modalités d’interaction du travail en groupe. Il interroge ainsi les opportunités de participation et d’apprentissage de la L2 qu’offre ce dispositif pédagogique.

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2 Apprentissage des langues et analyse conversationnelle

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21 2. Apprentissage des langues et analyse conversationnelle 2.1 Apprendre une L2 : perspectives socio-interactionnistes La recherche en acquisition des L2 voit émerger un ‘tournant social’ dès les années 70 (Block 2003). La notion de compétence communi- cative formulée par Hymes (2001[1972]) a ouvert la voie à la prise en compte des aspects contextuels et sociaux de l’usage du langage et de son acquisition (Block 2003). Si les recherches d’orientation socio- interactionniste proviennent d’horizons disciplinaires divers, elles ont en commun d’envisager l’apprentissage en tant que phénomène ancré dans l’(inter-)action sociale. En outre, apprendre une langue consiste à développer des compétences permettant de participer aux échanges en L2 de manière de plus en plus active et appropriée. Paradoxalement, c’est précisément à travers la participation à ces échanges que l’appre- nant pourra développer ses compétences en L2. Alors qu’un nombre important de travaux dans le domaine de l’acquisition des L2 se réclame d’une approche interactionniste, la défi- nition du rôle des interactions verbales dans les processus acquisition- nels est loin de faire l’unanimité entre les chercheurs (Block 2003  ; Pekarek Doehler 2000). Mondada et Pekarek Doehler (2004) identi- fient ainsi deux types de positionnement possible. Dans un position- nement dit ‘faible’ l’interaction sociale ne joue qu’un rôle auxiliaire, étant un lieu parmi d’autres qui offre l’occasion à des apprentissages de se produire. Dans cette approche, dans laquelle s’inscrivent typi- quement les travaux du modèle ‘Input-Interaction-Output’ selon Block...

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