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Le genre, effet de mode ou concept pertinent ?

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Nadia Mékouar-Hertzberg, Florence Marie and Nadine Laporte

Le genre entendu comme construction socioculturelle de la « différence des sexes » a permis de remettre en cause une hiérarchie des groupes sexués fondée sur les seules différences biologiques. La mise à nu des multiples processus de naturalisation du statut et du rôle social du masculin et du féminin a été diversement interprétée et utilisée, parfois galvaudée ou mal comprise. Dans le champ de la littérature et des arts, les réflexions sur le féminin/masculin ainsi que la mise à contribution des études de genre sur ces questions ont pu faire l’objet, font encore l’objet de rejet, de méfiance et/ou d’incompréhension. Inversement et simultanément, cet outil qu’est le concept de genre est devenu « à la mode », voire « politiquement correct » et de bon ton, sans toutefois être toujours mobilisé à bon escient : de ce fait, il se trouve parfois privé de sa pertinence et de son efficience herméneutique. Les différentes contributions de cet ouvrage envisagent ces aspects contradictoires tout en précisant quelques-unes des différentes déclinaisons du concept de genre en territoire européen, notamment en Espagne, en France et en Grande-Bretagne. Le domaine de la littérature et la question de « l’entrée en écriture » y sont également explorés avec une particulière attention.
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Belinda Cannone - Quand le genre est « suspendu »…

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Quand le genre est « suspendu » …

BELINDA CANNONE

Université de Caen Basse-Normandie

Je suis féministe depuis la fin des années soixante-dix, durant lesquelles je militais, et en observant depuis l’évolution des féminismes, certains m’ont paru si dommageables à la progression de l’émancipation que j’ai éprouvé le besoin de contribuer au débat actuel par un livre, La Tentation de Pénélope (Stock, 2010). La réflexion féministe, en effet, n’est pas tissée que de savoir et d’arguments rationnels : elle est aussi constituée, chez moi comme chez les autres, de représentations et d’affects auxquels sont subordonnées les analyses, souvent à notre insu. Il est probable que la question de la différence des sexes et de ses implications nous engage tous et toutes si intimement, si gravement, que l’objectivité nous échappe souvent. Probable aussi que toute question identitaire crée une sorte de panique qui s’exerce contre la rationalité. Il nous appartient, néanmoins, de tenter de « déplier » les représentations.

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