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Régimes démographiques et structures socio-économiques

Les communautés villageoises de la province de Namur durant la première moitié du 19e siècle

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Marc Debuisson

Un terroir et une population : entre les deux se sont tissés des liens qui forment plus qu’un espace, une structure de vie construite par la communauté villageoise. Le concept de régimes démographiques a tardé à s’imposer dans les analyses en démographie historique. Pourtant, cette approche permet d’intégrer deux dimensions longtemps négligées en démographie : les migrations et le terroir. En ce début du 19e siècle, dans la province de Namur (Belgique) confrontée aux bouleversements de la révolution industrielle, les comportements démographiques des communautés villageoises ont dû s’adapter à l’évolution physique, économique et sociale de leur environnement qui, lui-même, était modelé par l’essor sans précédent de la population. A partir d’une analyse quantitative de près de 400 communes de la province de Namur, six communes-cas reflétant la grande diversité des régimes démographiques ont été retenues pour une approche mêlant quantitatif, en observant 8’000 individus, et qualitatif, en recourant aux archives locales. Cette recherche tente en effet de réconcilier le quantitatif et le qualitatif, le macro et le micro en privilégiant un niveau méso : la communauté villageoise.
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2. Les migrations : entre mobilité et famille… et régimes

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2. Les migrations : entre mobilité et famille… et régimes

Avant que n’apparaissent les études portant sur le 19e siècle et se basant sur des approches individuelles, l’historiographie de la migration est restée très limitée. Les études macro-économiques de l’école de Princeton ont négligé cette troisième composante des comportements démographiques. Les analyses sur des espaces nationaux ou provinciaux pouvaient en effet se permettre cet oubli, puisqu’à cette échelle de territoire le nombre des entrants et des sortants est proportionnellement très faible par rapport à la population. Quant aux recompositions des familles du 18e siècle, initiées par Louis Henry, elles se heurtaient à un manque de données sur l’origine et la destination des membres des familles suivies. La migration était même considérée comme un phénomène perturbant l’analyse puisqu’elle réduisait le nombre de familles complètes observées (Flinn, 1981, p. 66–75). Le retour aux analyses individuelles pour le 19e siècle a ouvert un nouveau champ de recherche longtemps délaissé. Comme nous le mentionnons, ces recherches ont particulièrement touché la Belgique qui possède à partir de 1846 une source statistique exceptionnelle pour les migrations, le registre de population.

Il faut également avertir le lecteur historien de la place particulière des migrations dans la science démographique. Le thème des migrations a eu du mal à s’imposer comme troisième composante, au m...

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