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« Tout le talent d'écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots »

Mélanges d'études pour Giuseppe Bernardelli

Edited By Enrica Galazzi, Marisa Verna and Maria Teresa Zanola

Depuis les années 1960, maintes générations d’étudiant(e)s et de nombreux collègues ont pu apprécier les qualités humaines et scientifiques de Giuseppe Bernardelli. Ce volume d’hommage se propose comme une preuve d’un dialogue toujours vivant, sur les deux côtés de la littérature et de la linguistique, autour de cette passion pour « les mots », manifestée par l’enseignement et par les études que Bernardelli a toujours menées avec finesse et acribie. D’où le titre de ces mélanges : « Tout le talent d’écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots » (Gustave Flaubert, À Louise Colet, 22 juillet 1852)
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Édouard Dujardin, À la gloire d’Antonia (1886) Les innovations scripturales d’un “parler décadent”

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BERNARD GALLINA

Édouard Dujardin, À la gloire d’Antonia (1886) Les innovations scripturales d’un « parler décadent »

Notre recherche a pour objet les innovations scripturales qu’introduit Édouard Dujardin dans le poème en prose qu’il publie en 1886, À la gloire d’Antonia1, et en premier lieu les rapports entre son écriture et le parler décadent. En ce qui concerne le concept de décadence, nous adoptons la position de Giuseppe Bernardelli qui affirme en substance que la décadence constitue l’ensemble des attitudes post-romantiques et anti-romantiques déjà présentes chez Baudelaire et que le symbolisme qui apparaît dans les années 1885-1886 n’en est que l’un de ses composants, une spécificité de la littérature française2.

Lorsqu’il écrit À la gloire d’Antonia, Dujardin est dans sa vingt-cinquième année3. Il manifeste un profond intérêt pour l’histoire des religions, la poésie et la musique. Il commence à frayer avec les milieux littéraires, fréquente le salon littéraire de Mallarmé et entre en contact avec maints écrivains de cette époque. Il éprouve un authentique culte pour Richard Wagner. Il collabore à des revues, fonde la « Revue Wagnérienne » ← 37 | 38 → en 1885, assumant également la fonction de directeur. En 1886, il publie sa première œuvre, le recueil de contes Les hantises chez Vanier, son premier poème en prose À la gloire d’Antonia dans « La Vogue ». Á la fin de cette même année, il relance la « Revue indépendante », qui...

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