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Perverse Identities

Identities in Conflict

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Edited By Flocel Sabate

The urgent need for the study of exclusive identities in conflict is ever more apparent in a globalizing world in which societies are becoming multicultural and complex and in which inter-cultural contact and the co-existence of languages and cultures comes increasingly to bear on the construction of plural identities. The present book considers perversion in the construction of identity and the perverse usage of identity in areas such as social cohesion – xenophobia, racism, ostracism, rejection, ageism, marginalisation – and the mismanagement of linguistic identity, language groups and associated discriminatory practise arising out of historical and culturally based discrimination. The texts were submitted in an international meeting held in the Institute for Identities and Societies of the University on Lleida (Catalonia, Spain) in November 2012.
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« Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ! » : le roman populaire du XIXe siècle et de la Belle Époque entre manichéisme et mauvaise foi

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Jacques MIGOZZI

Université de Limoges

« Le génie du mal a recruté une armée de poètes et de romanciers dont le talent a contribué plus qu’on ne le pense à l’explosion des révolutions qui sont venues périodiquement affliger la France. […] Nous considérons comme perdus pour la double cité du ciel et de la terre ceux qui lisent certains romans que tout le monde désigne… ». Comme en témoigne ce prospectus alarmiste diffusé en 1853 par les éditeurs de la Bibliothèque des poètes et romanciers chrétiens, stigmatisant le roman populaire et son influence éminemment vénéneuse, les fictions de grande consommation ont été dès la « querelle du roman-feuilleton »1 et l’avènement de « la civilisation du journal »2, autrement dit dès l’entrée de la littérature dans l’ère médiatique et de la culture-marchandise, accusées de pervertir les lecteurs (et surtout les lectrices !) sous couvert de les divertir. Ce discours véhément de prophylaxie sociale et morale, dont l’abbé Bétlhéem se fera une spécialité au début du XXème siècle avec sa célèbre sélection commentée Romans à lire et à proscrire, sera repris inlassablement par les élites de tous bords jusqu’à la fin du XXe siècle, les progressistes laïques puis les marxistes s’entendant au moins sur un point avec les chrétiens les plus intransigeants3 : ← 187 | 188 → le roman populaire est aliénant...

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