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Sujet, fidèle, citoyen

Espace européen (XIe-XXIe siècles)

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Dominique Avon

La recherche de l’objectivation du « sujet » à travers le temps et l’espace emprunte ici un chemin inédit. Tenant compte des travaux de philosophes comme Michel Foucault, Jürgen Habermas ou John Rawls, le travail collectif réalisé dans cet ouvrage vise à saisir la problématique de la dialectique du politique et du religieux, sans la focaliser sur la question du pouvoir ou de l’Etat. La particularité des expériences européennes au cours du millénaire écoulé y est soulignée : il y a eu une manière nouvelle de placer l’être humain au centre d’un corps social en le dotant de droits et de devoirs à titre personnel. Mais elle est doublement relativisée : d’une part parce que ses fondements ne peuvent être détachés de son environnement méditerranéen – les sujets-fidèles de la Chrétienté médiévale n’ont pas vécu dans l’ignorance de l’expérience des sujets-fidèles de l’Islam ou des communautés juives – ; d’autre part parce que la reconnaissance du « citoyen » et la possibilité de ne plus être « fidèle » d’une religion donnée n’a pas obéi à un mouvement linéaire conduisant le « sujet » d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. C’est en tenant compte de cette complexité du passé qu’il devient possible de mieux négocier les défis du présent.
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Individus et minorités religieuses dans les Etats méditerranéens (XVIe et XVIIe siècles): François Brizay et Olivier Guesdon

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François BRIZAY et Olivier GUESDON, Université d’Angers

Individus et minorités religieuses dans les Etats méditerranéens (XVIe et XVIIe siècles)

Au XVIe et au XVIIe siècle, la Méditerranée fut dominée par deux grandes puissances caractérisées par leur diversité ethnique, linguistique et politique : l’une était chrétienne, la Monarchie espagnole, l’autre musulmane, l’Empire ottoman. Les habitants de ces deux Etats n’avaient pas de droits politiques : ils étaient des sujets de leur souverain dont l’un, le Roi Catholique, se présentait comme le défenseur du catholicisme, l’autre, le sultan ottoman, comme celui de l’islam sunnite. Ils vivaient donc dans des sociétés où la religion occupait une place centrale, mais ils ne constituaient pas une communauté homogène sur le plan religieux, car beaucoup d’entre eux appartenaient à ce que nous appelons aujourd’hui des minorités religieuses.

Pour comprendre la place que ces dernières tenaient dans ces Etats, nous allons évoquer les politiques d’exclusion et d’intégration, voire d’assimilation menées à l’égard des communautés qui ne partageaient pas la foi du souverain et de la majorité de la population. L’intégration est ici comprise comme l’insertion sociale d’individus ou de groupes allogènes qui conservent des marqueurs de leur différence (par le nom, le vêtement, la pratique religieuse, etc.). L’assimilation, en revanche, présuppose une élision -plus ou moins rapide- de ces marqueurs de la différence1. Les libertés...

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